{"id":555,"date":"2014-12-10T13:22:00","date_gmt":"2014-12-10T12:22:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=555"},"modified":"2014-12-17T00:27:33","modified_gmt":"2014-12-16T23:27:33","slug":"la-belle-et-la-bete-de-jean-cocteau-mardi-16-decembre-2014-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=555","title":{"rendered":"La Belle et la b\u00eate de Jean Cocteau <br \/>(mardi 16 d\u00e9cembre 2014, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe src=\"http:\/\/www.allocine.fr\/_video\/iblogvision.aspx?cmedia=19537834\" style=\"width:480px; height:270px\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/div>\n<p>R\u00e9alis\u00e9 en 1946, La Belle et la B\u00eate est l&rsquo;une des toutes premi\u00e8res collaborations au cin\u00e9ma du po\u00e8te, dramaturge et cin\u00e9aste Jean Cocteau avec l&rsquo;acteur Jean Marais. Venez (re)d\u00e9couvrir l&rsquo;une des premi\u00e8res adaptations \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran du c\u00e9l\u00e8bre conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, lequel, comme r\u00e9veill\u00e9 par la force et l&rsquo;originalit\u00e9 du cin\u00e9ma de Cocteau, t\u00e2chera de nous rappeler de pr\u00e9cieux enseignements.<\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cof.ens.fr\/cineclub\/blogImages\/2014-2015\/affiche-13-thumbnail400.jpg\" alt=\"\" class=\"entry-poster\"\/><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\">\n<b>Dur\u00e9e <\/b>: 96 minutes.<br \/>\n<b>Noir et blanc<\/b>.<br \/>\n<b>Pays :<\/b> Luxembourg, France.<br \/>\n<b>Ann\u00e9e :<\/b> 1946.<br \/>\n<b>Avec :<\/b> Josette Day, Jean Marais, Marcel Andr\u00e9.<\/p>\n<p>Rapide synopsis : <span class=\"entry-synopsis\">Pour l&rsquo;offrir \u00e0 sa fille, le p\u00e8re de la Belle cueille, sans le savoir, une rose appartenant au jardin de la B\u00eate, qui s&rsquo;en offense. Afin de sauver son p\u00e8re, la Belle accepte de partir vivre au ch\u00e2teau de la B\u00eate.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"entry-break\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>Adaptation \u00e0 l\u2019\u00e9cran du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, le film de Jean Cocteau met en sc\u00e8ne Josette Day dans le r\u00f4le de la Belle et Jean Marais \u2013 acteur f\u00e9tiche de Cocteau qui le dirigera par la suite dans ses derniers long-m\u00e9trages\u00a0: <i>L\u2019Aigle \u00e0 deux t\u00eates<\/i>, <i>Les Parents terribles<\/i>, <i>Orph\u00e9e<\/i> et <i>Le Testament d\u2019Orph\u00e9e<\/i> \u2013 dans le r\u00f4le de la b\u00eate, mais aussi\u2026 celui d\u2019Avenant, pr\u00e9tendant de la Belle\u00a0!<\/p>\n<h4>Un conte de f\u00e9es revisit\u00e9<\/h4>\n<p>On ne peut pas dire que le film de Cocteau doit son originalit\u00e9 \u00e0 son sc\u00e9nario. En effet, ce dernier est globalement tr\u00e8s fid\u00e8le au conte, \u00e0 l\u2019exception \u2013 certes importante \u2013 de la sc\u00e8ne finale. De ce fait, les th\u00e8mes qui y sont abord\u00e9s sont essentiellement les m\u00eames, tout comme les enseignements qu\u2019on peut en tirer. C\u2019est plut\u00f4t ce qu\u2019a fait le cin\u00e9aste du conte qu\u2019il est de rigueur de mettre en avant, peut-\u00eatre pour sa mise en sc\u00e8ne fantasmagorique, caract\u00e9ristique d\u2019un style qu\u2019on peut retrouver dans <i>Le Sang d\u2019un Po\u00e8te<\/i> ou encore <i>Le Testament d\u2019Orph\u00e9e<\/i>, ses d\u00e9cors tant\u00f4t classiques et \u00e9pur\u00e9s, tant\u00f4t hant\u00e9s de visions cauchemardesques au-dessus desquelles plane l\u2019influence des gravures de Gustave Dor\u00e9. Peut-\u00eatre pour sa musique qui accompagne avec virtuosit\u00e9 la remarquable interpr\u00e9tation de ses acteurs, dont les dialogues sont tant\u00f4t amusants et inattendus, tant\u00f4t bouleversants.<\/p>\n<p>On peut se demander pourquoi Cocteau a choisi d\u2019adapter \u00e0 l\u2019\u00e9cran ce conte de f\u00e9es. Certes le cin\u00e9aste y reprend les th\u00e8mes de l\u2019amour et du don de soi, qui sont les \u00e9l\u00e9ments majeurs du conte, mais selon moi, c\u2019est bien plus dans les enseignements de ce dernier qu\u2019il y reconnait une question qui lui est ch\u00e8re\u00a0: peut-on briser le miroir qui s\u00e9pare l\u2019apparence d\u2019un homme \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9\u00a0? En effet, l\u2019issue du conte nous rappelle essentiellement qu\u2019une apparence monstrueuse peut cacher un c\u0153ur pur et inversement, qu\u2019une belle personne peut \u00eatre mauvaise.<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0&#8211; Mon c\u0153ur est bon, mais je suis un monstre.<br \/>\n&#8211; Il y a bien des hommes qui sont plus monstrueux que vous et qui le cachent.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>La simplicit\u00e9 de cette formulation, Cocteau s\u2019en amuse en commen\u00e7ant son film sur un ton enjou\u00e9, pr\u00e9sentant celui-ci de mani\u00e8re ludique et en demandant au spectateur de le regarder avec un esprit na\u00eff. Mais l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la m\u00e9tamorphose des personnages, ou plut\u00f4t de ce miroir qui se brise, n\u2019est jamais rien de plus qu\u2019une image dans les contes, alors qu\u2019elle est une obsession chez Cocteau.<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0L\u2019amour peut faire qu\u2019un homme devienne b\u00eate. L\u2019amour peut faire aussi qu\u2019un homme laid devienne beau.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Le fait que cette obsession est certainement aussi l\u2019objet de ce film se manifeste par la pr\u00e9sence dans ce dernier d\u2019\u00e9l\u00e9ments redondants chez\u00a0le cin\u00e9aste\u00a0: le miroir, qu\u2019on retrouve notamment dans <i>Le Sang d\u2019un Po\u00e8te<\/i>, <i>La Belle et la B\u00eate<\/i> et <i>Le Testament d\u2019Orph\u00e9e<\/i>, symbole de la dualit\u00e9 entre les apparences et la v\u00e9rit\u00e9, de m\u00eame que la dualit\u00e9 marqu\u00e9e par la profonde s\u00e9paration \u2013 \u00e0 tous points de vue, de la musique aux d\u00e9cors en passant par les dialogues \u2013 entre les sc\u00e8nes qui se d\u00e9roulent chez la Belle et celles qui se passent chez la B\u00eate. Dans le domaine de la b\u00eate, les \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9ristiques des autres films de Cocteau sont tr\u00e8s pr\u00e9sents\u00a0: l\u2019obscurit\u00e9 \u2013 bien que ce dernier aspect du tournage soit en partie d\u00fb aux difficult\u00e9s financi\u00e8res auxquelles l\u2019\u00e9quipe du film a fait face en cette p\u00e9riode d\u2019apr\u00e8s-guerre \u2013 le feu, des statues qui s\u2019animent et des membres qui se meuvent tout seuls \u2026<\/p>\n<h4>Le monstre sensible au cin\u00e9ma<\/h4>\n<p>Le cin\u00e9ma a abondamment exploit\u00e9 cette image du monstre aimant, de la laideur et de la terreur en tant qu\u2019obstacles \u00e0 l\u2019amour. Cette figure qu\u2019incarne la B\u00eate a donn\u00e9 lieu \u00e0 de nombreuses repr\u00e9sentations, associant dans un personnage unique pouvoir, violence et amour. Le premier exemple auquel on pense est bien s\u00fbr celui du dessin anim\u00e9 de 1991 produit par les studios Disney, <i>La Belle et la B\u00eate<\/i>. On pense aussi imm\u00e9diatement au  gorille g\u00e9ant King Kong, personnage qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 une multitude de films, parmi lesquels on retient surtout l\u2019original de 1933 (De Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack), connu pour avoir fait appel \u00e0 l\u2019animation en volume (ou \u00ab\u00a0stop-motion\u00a0\u00bb) de mani\u00e8re remarquable \u00e0 cette \u00e9poque, et ses deux remake respectivement de 1976 (de John Guillermin) et de 2005 (de Peter Jackson)\u00a0: ici aussi, le monstre est craint et pourchass\u00e9 par les hommes, mais tandis que l\u2019amour de la B\u00eate finit par cesser de la faire souffrir, celui de Kong le m\u00e8ne \u00e0 la mort. Parmi tous les personnages que la B\u00eate inspira \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, tout du moins en partie, on pourra aussi citer le personnage de Hulk, cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019origine en 1962, pour la Marvel, par Stan Lee et Jack Kirby puis interpr\u00e9t\u00e9 plusieurs fois \u00e0 l\u2019\u00e9cran, ou encore la Mouche de David Cronenberg (du remake de 1986 du film de 1958 <i>La Mouche Noire<\/i>, de Kurt Neumann), plus proche de la B\u00eate que la Mouche originale en ce que son basculement progressif vers la monstruosit\u00e9, cons\u00e9quence de sa soif de pouvoir, compromet sa relation amoureuse&#8230; Le personnage de la B\u00eate, ce qu\u2019il repr\u00e9sente, m\u00eame sous une forme diff\u00e9rente, n\u2019a donc pas fini d\u2019inspirer les cin\u00e9astes, comme il inspira Cocteau dans le film de ce soir.<\/p>\n<p>&#8211; Nicolas\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9alis\u00e9 en 1946, La Belle et la B\u00eate est l&rsquo;une des toutes premi\u00e8res collaborations au cin\u00e9ma du po\u00e8te, dramaturge et cin\u00e9aste Jean Cocteau avec l&rsquo;acteur Jean Marais. 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