{"id":2652,"date":"2019-11-07T10:14:03","date_gmt":"2019-11-07T09:14:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2652"},"modified":"2019-11-24T12:21:48","modified_gmt":"2019-11-24T11:21:48","slug":"domicile-conjugal-de-francois-truffaut-mercredi-20-novembre-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2652","title":{"rendered":"Domicile conjugal, de Fran\u00e7ois Truffaut (mercredi 20 novembre, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/f9gGZJdR3yg\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"https:\/\/medias.unifrance.org\/medias\/40\/198\/50728\/format_page\/media.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><b> Dur\u00e9e <\/b>:86 minutes<br \/>\n<b>Couleur<\/b><br \/>\n<b>Pays :&nbsp;<\/b>France<br \/>\n<b>35mm. VF<\/b><br \/>\n<b>Ann\u00e9e :&nbsp;<\/b>1970<br \/>\n<b>Avec :&nbsp;<\/b>Jean-Pierre L\u00e9aud, Claude Jade, Hiroko Matsumoto<\/p>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : Antoine Doinel, le plus c\u00e9l\u00e8bre des personnages de Truffaut, a \u00e9pous\u00e9 Christine Darbon. Tandis que Christine donne des cours de violon \u00e0 domicile, Antoine repeint des fleurs dans la cour de son immeuble. Peu \u00e0 peu, le couple se d\u00e9lite\u2026<\/div>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">Et pour r\u00e9sumer :<\/p>\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le mardi 20 novembre 2019, 20h30<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-title\">Domicile conjugal<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-director\"> de Fran\u00e7ois Truffaut<\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>Suite au mariage d\u2019Antoine Doinel et Christine Darbon, le couple s\u2019installe dans un appartement o\u00f9 Christine donne des le\u00e7ons de violon, tandis qu\u2019Antoine, dans la cour de l\u2019immeuble, cherche le rouge absolu en colorant des fleurs. A travers plusieurs vignettes, <em>Domicile conjugal<\/em> raconte les premi\u00e8res ann\u00e9es de mariage du couple Doinel.<br \/>\nSorti deux ans apr\u00e8s <em>Baisers vol\u00e9s<\/em> (1968), <em>Domicile conjugal<\/em> poursuit l\u2019histoire d\u2019Antoine Doinel. Une courte ellipse s\u00e9pare les deux films \u2014 <em>Baisers vol\u00e9s<\/em> s\u2019ach\u00e8ve avec les fian\u00e7ailles d\u2019Antoine et Christine, et le d\u00e9but de <em>Domicile conjugal<\/em> annonce une petite ellipse entre les deux films \u2014 la jeune Christine n\u2019est plus \u201cMademoiselle\u201d, mais \u201cMadame.\u201d Ellipse bien plus br\u00e8ve que celle qui s\u00e9pare les autres films de la s\u00e9rie sur Antoine Doinel 1. Sans surprise, Antoine a encore chang\u00e9 de m\u00e9tier dans l\u2019ellipse \u2014 et le changera encore au cours du film, et dans le film suivant \u00e0 nouveau. La transition entre les deux films est assur\u00e9e aussi par le ton, qui reste similaire \u2014 situations et d\u00e9cors romanesques, ton l\u00e9ger et comique des films muets, gestuelle et phras\u00e9 atypique de Jean-Pierre L\u00e9aud, sujets similaires.<br \/>\nLes d\u00e9cors du film ont, pour la plupart, une histoire litt\u00e9raire qui remonte au XIX\u00e8me si\u00e8cle, et cin\u00e9matographique qui remonte aux ann\u00e9es 1920, 1930. <em>Domicile conjugal<\/em> filme un certain Paris \u2014 et un Paris tr\u00e8s romanesque. L\u2019immeuble o\u00f9 loge le couple Doinel, avec sa vaste cour o\u00f9 on trouve un caf\u00e9 et o\u00f9 travaillent des artisans, rappelle plus l\u2019h\u00f4tel particulier o\u00f9 le baron de Charlus d\u00e9couvre le giletier Jupien dans sa boutique que le Paris que nous connaissons maintenant 2. Au cin\u00e9ma, cette cour d\u2019immeuble \u00e9voque \u00e0 la fois le cin\u00e9ma sovi\u00e9tique des ann\u00e9es 20 (La maison de la place Troubnaia, 1928), et un film de Renoir, tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 de Truffaut 3, sorti en 1936 : <em>Le crime de Mr Lange<\/em>. Comme espace de rencontre et d\u2019entrevue, Truffaut peut y placer divers personnages pittoresques, et rendre son film plus vivant : il y a les querelles exub\u00e9rantes du couple d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, le vieillard qui refuse de sortir de chez lui, mais toujours pr\u00eat \u00e0 discuter depuis son balcon avec les habitu\u00e9s de la cour, le patron du caf\u00e9 qui commente les all\u00e9es et venues, le voisin froid et glac\u00e9 qui s\u2019av\u00e8re faire des imitations de personnalit\u00e9 de cin\u00e9ma au cabaret (et notamment, imite le r\u00f4le tenu par Delphine Seyrig, Fabienne Tabard, dans <em>Baisers vol\u00e9s<\/em>, devant un Antoine Doinel stup\u00e9fait).<br \/>\nEn plus de ces personnages et d\u00e9cors venus d\u2019un autre temps, et d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9s, une bonne part du comique de <em>Domicile conjugal<\/em> vient des films muets. Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas le seul film \u00e0 abreuver le cin\u00e9ma parlant d\u2019un humour essentiellement visuel \u2014 on trouve ceci aussi dans les films de Jacques Tati et Pierre Etaix. Cet humour frappe par sa candeur et son emploi des possibilit\u00e9s qu\u2019offre le cin\u00e9ma. Prenons cet exemple, lui tir\u00e9 de Baisers vol\u00e9s (gardons les bonnes id\u00e9es qu\u2019offrent Domicile conjugal sous silence pour ceux d\u00e9couvrant le film) \u2014 Antoine Doinel, pistonn\u00e9 pour un emploi de marchand de chaussures, doit prouver ses capacit\u00e9s en pr\u00e9parant une boite \u00e0 chaussures, ainsi que d\u2019autres candidats. Son r\u00e9sultat catastrophique est imm\u00e9diatement encens\u00e9 par le tr\u00e8s froid directeur : \u201cC\u2019est tr\u00e8s bien, \u00e7a. On le prend.\u201d Seule la vue de cette risible boite \u00e0 chaussures, maillon faible d\u2019une belle ligne de bo\u00eete, amuse vraiment \u2014 parce qu\u2019elle est donn\u00e9 \u00e0 voir d\u2019un coup, sans le besoin d\u2019une longue description \u2014 un peu comme l\u2019apparition saisissante de la \u2014 pour faute d\u2019autre nom \u2014 maison construite par Keaton dans<em> One Week<\/em> (1920) 4. La mise en \u0153uvre de ce gag repose sur une mise en sc\u00e8ne sobre 5 et pens\u00e9e.<br \/>\nLe cin\u00e9ma burlesque fonctionne souvent autour d\u2019un personnage embl\u00e9matique associ\u00e9 \u00e0 un acteur, autour duquel l\u00e9vite des figures types \u2014 par exemple les films avec M. Hulot, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Harold Lloyd ou Max Linder. Jean-Pierre L\u00e9aud, un des visages les plus c\u00e9l\u00e8bres de la nouvelle vague, reprend pour la quatri\u00e8me fois le r\u00f4le d\u2019Antoine Doinel. Si ce r\u00f4le reste assez cadr\u00e9 dans les 400 coups (1959) et Antoine et Colette, une part loufoque, reposant beaucoup sur la gestuelle de L\u00e9aud, appara\u00eet avec Baisers vol\u00e9s. Cette \u00e9nergie est exploit\u00e9e \u00e0 nouveau dans Domicile conjugal, dans de nouvelles situations. Comment d\u00e9crire le jeu de L\u00e9aud ? Sous danger d\u2019exploser, exub\u00e9rant, th\u00e9\u00e2tral \u2014 la diction m\u00eame est un outil exploit\u00e9 comme un visage d\u2019acteur muet. L\u00e9aud peut jouer d\u2019autres r\u00f4les, et tr\u00e8s bien s\u2019en sortir \u2014 par exemple, dans&nbsp;<em>Deux anglaises et le continent<\/em> (1971), ou dans <em>La Maman et la putain<\/em> (1973). Mais la plupart des r\u00f4les qu\u2019on lui confie profite de l\u2019aura d\u2019excentricit\u00e9 qu\u2019arrive si bien \u00e0 d\u00e9gager L\u00e9aud, d\u00e8s <em>Masculin F\u00e9minin<\/em> (1966), puis avec<em> Le p\u00e8re No\u00ebl a les yeux bleus<\/em> (1966), et <em>Le D\u00e9part<\/em> (1967). Claude Jade, jouant Christine Darbon, r\u00e9ussit \u00e0 ne pas \u00eatre effac\u00e9e par le jeu envahissant et fascinant de son partenaire, pas en surench\u00e9rissant en grands gestes, mais en r\u00e9ussissant \u00e0 jouer avec candeur.<\/p>\n<p>Toutes ces caract\u00e9ristiques \u2014 jeu de L\u00e9aud, comique burlesque, d\u00e9cors romanesques \u2014 contribuent \u00e0 faire de Domicile conjugal un film papillonnant, butinant de sc\u00e8nes en sc\u00e8nes en r\u00e9coltant dans chaque moment sa saveur fra\u00eeche. Dans cet \u00e9trange film d\u2019apprentissage, les personnages n\u2019apprennent pas une grande le\u00e7on de vie &#8211; ils s\u2019en d\u00e9lectent, et nous le font partager.<br \/>\nAntoine Picard<\/p>\n<p>1 Des <em>400 coups<\/em> (1959) \u00e0 <em>Antoine et Colette<\/em> (1962), la situation d\u2019Antoine a beaucoup chang\u00e9, et une voix off vient remplir le trou. <em>Baisers vol\u00e9s<\/em> (1968) se d\u00e9roule apr\u00e8s une longue ellipse, durant laquelle Antoine a rencontr\u00e9 \u2014 et s\u2019est brouill\u00e9 \u2014 avec le personnage f\u00e9minin principal. <em>L\u2019amour en fuite<\/em> (1979) se d\u00e9roule bien apr\u00e8s <em>Domicile conjuga<\/em>l, et l\u2019interstice entre les deux est partiellement narr\u00e9 par des flashbacks. Pris dans leur ensemble, les Antoine Doinel sont tr\u00e8s elliptiques \u2014 \u00e0 la fois donc entre les films, mais aussi \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des films pour Baisers vol\u00e9s et Domicile conjugal. L\u2019espace qui s\u00e9pare <em>Baisers vol\u00e9s<\/em> de <em>Domicile conjugal<\/em> n\u2019est finalement pas plus grand que certains des espaces \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces films.<br \/>\n2 Ou au grand Paris auxquels songent les contemporains de Truffaut. Deux ou trois choses que je sais d\u2019elle, film sur la banlieue parisienne de Godard, sort en 1967, et avant cela, <em>Alphaville<\/em>, sorti en 1964, se passe dans Paris montr\u00e9 moderne. Plus tard (ann\u00e9es 80), voir les films se d\u00e9roulant en banlieue parisienne de Rohmer.<br \/>\n3 \u201cVoil\u00e0 encore le cas, fr\u00e9quent chez Renoir, d&rsquo;un film qui, \u00e0 force de v\u00e9rit\u00e9 m\u00eame, devient vite purement f\u00e9erique\u2026 Monsieur Lange est de tous les films de Renoir, le plus spontan\u00e9, le plus dense en miracles de jeu et de cam\u00e9ra, le plus charg\u00e9 de v\u00e9rit\u00e9 et de beaut\u00e9 pure, un film que nous dirions touch\u00e9 par la gr\u00e2ce.\u201d<br \/>\n4 Le floril\u00e8ge est plus cons\u00e9quent dans <em>Baisers vol\u00e9s<\/em>, avec notamment une s\u00e9quence de filature tr\u00e8s r\u00e9ussie.<br \/>\n5 La mise en sc\u00e8ne ne fonctionne pas \u00e0 vide chez Truffaut comme elle peut le faire pour quelques cin\u00e9astes plus r\u00e9cents, m\u00eame int\u00e9ressants comme Wong Kar-Wai. Comprendre le langage cin\u00e9matographique, et travailler son style, reste une pr\u00e9occupation de Truffaut, assez visible dans ce film et le suivant, Deux anglaises et le continent.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e :86 minutes Couleur Pays :&nbsp;France 35mm. VF Ann\u00e9e :&nbsp;1970 Avec :&nbsp;Jean-Pierre L\u00e9aud, Claude Jade, Hiroko Matsumoto Synopsis : Antoine Doinel, le plus c\u00e9l\u00e8bre des personnages de Truffaut, a \u00e9pous\u00e9 Christine Darbon. Tandis que Christine donne des cours de violon \u00e0 domicile, Antoine repeint des fleurs dans la cour de son immeuble. 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