{"id":2629,"date":"2019-11-07T10:00:22","date_gmt":"2019-11-07T09:00:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2629"},"modified":"2019-11-15T11:24:52","modified_gmt":"2019-11-15T10:24:52","slug":"le-gout-du-riz-au-the-vert-jeudi-14-novembre-2019-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2629","title":{"rendered":"Le Go\u00fbt du riz au th\u00e9 vert (jeudi 14 novembre 2019, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/w7rqCC4gJZU\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"https:\/\/i.mydramalist.com\/b3g66c.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div>\n<div style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><strong>DEUXI\u00c8ME S\u00c9ANCE DU CYCLE <\/strong><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><strong>\u00ab\u00a0CIN\u00c9MA JAPONAIS\u00a0\u00bb<\/strong><\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><b>Dur\u00e9e <\/b>:115 minutes<br \/>\n<b>Noir et blanc<\/b><br \/>\n<b>Pays :&nbsp;<\/b>Japon<br \/>\n<b>35mm. VOSTFR<\/b><br \/>\n<b>Ann\u00e9e :&nbsp;<\/b>1952<br \/>\n<b>Avec :&nbsp;<\/b>Sin Shaburi, Michiyo Kogure, Koji Tsuruta<\/div>\n<div class=\"entry-text-info\">\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : Mari\u00e9s depuis plusieurs ann\u00e9es, Mokichi et Taeko m\u00e8nent une vie de couple d\u00e9cevante. Lui ne pense qu\u2019\u00e0 son travail, et elle passe son temps \u00e0 sortir avec ses amies. Alors que le couple est au bord de la rupture, Mokichi annonce qu\u2019il doit partir pour un voyage d\u2019affaires\u2026<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div style=\"text-align: center;\"><\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">Et pour r\u00e9sumer :<\/p>\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le mardi 14 novembre 2019, 20h30<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-title\">Le Go\u00fbt du riz au th\u00e9 vert<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-director\"> de Yasujiro Ozu<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>M\u00e9lodrame   de   la   derni\u00e8re   partie, la   plus connue, de la carri\u00e8re d\u2019Ozu, <i>Le    Go\u00fbt du   riz au   th\u00e9    vert<\/i>  reprend  un    grand  nombre  de  caract\u00e9ristiques de  ses  films\u2014  une  intrigue  simple  et    sans  \u00e9clats int\u00e9ressant \u00e0 un   moment sp\u00e9cifique de la vie de la classe moyenne   japonaise, une mani\u00e8re de filmer reconnaissable  (un  cadrage  reposant  sur  les  axes verticaux et   horizontaux, des plans principalement fixes, le   d\u00e9placement   dans   l\u2019espace   laiss\u00e9   au   montage, le point de vue plus bas que coutume), emploi  discret  de  la  musique extradi\u00e9g\u00e9tique, les bars,  les  bureaux,  et    le  domicile  comme  d\u00e9cor. L\u2019habitu\u00e9 du cin\u00e9ma d\u2019Ozu voit avec plaisir la toile de jatte sur laquelle les titres vont appara\u00eetre qui lui  indique aussi  s\u00fbrement  que la  musique,  que le monde d\u2019Ozu va s\u2019ouvrir \u00e0 nouveau. De quoi est-il fait ?<br \/>\nAvant de parler du <i>Go\u00fbt du riz au   th\u00e9    vert<\/i>, disons un mot  de  plus  sur  ce    corpus  singulier. Peu de r\u00e9alisateurs ont produit une \u0153uvre si  unie, o\u00f9   tous les  films  paraissent  une  variation  sur  un    m\u00eame th\u00e8me1.  Tous  ces  films  sont  des m\u00e9lodrames,  et   tous \u00e0 partir d\u2019<i>\u00c9t\u00e9 pr\u00e9coce<\/i> (1951)\u2014 \u00e0 l\u2019exception de<br \/>\n<i>Cr\u00e9puscule  \u00e0  Tokyo<\/i>  (1957)\u2014  ont  un sujet peu sensationnel, et un traitement   tr\u00e8s   sage. Le m\u00e9lodrame,  genre  de  pr\u00e9dilection  de  tous  les exc\u00e8s, tant  sc\u00e9naristiques  que stylistiques2,  perd tout  fortissimo,  toute   fougue,  toute  foudre. \u00abEt qu\u2019y ai-je trouv\u00e9 ?   Un visage commun, un jardin consciencieusement  gard\u00e9  et  savamment  cultiv\u00e9, aux contours bien nets et fleurs d\u00e9licates; pas une seule   physionomie   anim\u00e9e, pas   de   campagne illimit\u00e9e, pas d\u2019air frais, pas de collines bleut\u00e9es, pas de mignon petit ruisseau. \u00bb3 Cette appr\u00e9ciation, compliment involontaire de Charlotte Bront\u00eb \u00e0 Jane Austen, pourrait s\u2019adapter ais\u00e9ment  \u00e0  Ozu.  Il  ne s\u2019agit  pas  d\u2019outrer  une intrigue  plac\u00e9e astucieusement  dans  un    paysage tourment\u00e9 o\u00f9 nos h\u00e9ros conna\u00eetront des tourments rythm\u00e9s de cris de c\u0153ur et   de torrents de larmes, d\u00e9cor emphatique dont le grossissement donne trop souvent, malheureusement, un air carnavalesque. Ozu traite d\u2019une beaut\u00e9 plus banale et  commune.  On red\u00e9couvre dans ces films qu\u2019un poteau \u00e9lectrique est fascinant, et bien plus   myst\u00e9rieux  qu\u2019une chim\u00e8re aussi fantastique que fant\u00f4che. Il   suffit de savoir le montrer tel qu\u2019il est, l\u00e0,  au  coin de la rue,symbole  immobile  et sans  vrai sens.  Il en va  de m\u00eame  pour l\u2019Homme  ;  il n\u2019est pas  besoin  de chercher  l\u2019exceptionnel pour trouver  mati\u00e8re  \u00e0  le fa\u00e7onner en un beau  point  d\u2019interrogation. La beaut\u00e9  que  cr\u00e9e  Ozu  ne    se trouve  pas  dans l\u2019exotisme, elle est dans le travail sur le quotidien. C\u2019est un autre regard.<br \/>\nLa mise en   sc\u00e8ne des films  d\u2019Ozu appuie cette esth\u00e9tique\u2014  il s\u2019agit   de   r\u00e9organiser   la   vie harmonieusement, de la donner   \u00e0   voir   avec simplicit\u00e9   et ordre. Les   plans reprennent la r\u00e9gularit\u00e9  de  l\u2019architecture  int\u00e9rieure  des logis japonais, soulignant les lignes verticales qu\u2019offrent les  portes coulissantes par des recadrages fr\u00e9quents\u2014  ils  sont  de  plus  unis  par la position g\u00e9n\u00e9ralement basse du point de  vue. Les mouvements de cam\u00e9ra sont rares, et se limitent \u00e0 des travellings suivant  deux  personnages  en    train de marcher\u2014 les personnages ne se  d\u00e9placent pas sur  l\u2019\u00e9cran, et seul  l\u2019arri\u00e8re -plan  d\u00e9file. Pour se d\u00e9placer dans l\u2019espace, Ozu privil\u00e9gie des coupes rythm\u00e9es par les mouvements des personnages, ou par le  dialogue\u2014  l\u2019image  se resserre  et change d\u2019emplacement sans heurt, le  rythme  permettant d\u2019anticiper  la  coupe.  Les  ruptures  \u00e0  une  \u00e9chelle plus  large, entre  deux  lieux  ou  deux  temps, sont adoucis par des plans de transition hors de l\u2019intrigue, donnant une vue large du contexte o\u00f9 se d\u00e9roule  le  film\u2014  un  d\u00e9but  de  printemps, un paysage  urbain, et laissant  au drame  le  temps  de reprendre son calme, de noyer les tensions dans un vaste monde4.<br \/>\n<i>Le Go\u00fbt  du riz au  th\u00e9 vert<\/i>\u2014  au titre  un peu singulier\u2014 renseigne sur la sensibilit\u00e9 d\u2019Ozu ; le riz au th\u00e9  vert  est un plaisir  simple,  un    souvenir d\u2019enfance  et    une  joie  d\u2019adulte. Un  titre  aussi englobant  que <i>Printemps  tardif<\/i> (1949),  ou   <i>Fleurs d\u2019\u00e9quinoxe<\/i> (1958, diffus\u00e9 au   cin\u00e9-club l\u2019an   dernier), qui  garde  une  distance  avec  l\u2019intrigue\u2014  les difficult\u00e9s d\u2019un couple fragile \u00e0 vivre ensemble. Ce r\u00e9sum\u00e9 d\u2019ailleurs rend peu compte du ton l\u00e9ger du film;car les films   d\u2019Ozu   sont   l\u00e9gers, les discussions souvent badines et ironiques, les situations parfois vaudevillesques. Et derri\u00e8re cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, une histoire ordinaire, des objets connus \u00e0 red\u00e9couvrir, un monde rendu \u00e0 l\u2019harmonie.<br \/>\nAntoine<br \/>\n1 John Ford,   Rohmer&#8230;   Ces   deux   r\u00e9alisateurs   peuvent d\u2019ailleurs se  rapprocher d\u2019Ozu sur un autre aspect &#8211; pour Ford aussi,  il    s\u2019agit de  montrer  un  certain  id\u00e9al  de  vie,  et    pour Rohmer,  un  go\u00fbt  de  th\u00e9\u00e2tre  de  m\u0153urs  dans  ce    qui  est essentiellement une \u0153uvre faite de films &#8211; et   l\u2019attention, pas si  anecdotique, aux saisons.<br \/>\n2 Contemporain d\u2019Ozu, Douglas Sirk r\u00e9alise les m\u00e9lodrames les plus flamboyants de son \u00e9poque, aux couleurs folles et   \u00e0 grand renfort de violon. La stylisation \u00e0 l\u2019outrance du m\u00e9lodrame est commune  dans  le   cin\u00e9ma  am\u00e9ricain &#8211;  rappelons  que  ce    qui s\u2019appellent maintenant Films noirs sont \u00e0 l\u2019\u00e9poque consid\u00e9r\u00e9s comme des m\u00e9lodrames.<br \/>\n3\u201cAnd  what  did I   find?  A  commonplace  face;  a   carefully  fenced, highly  cultivated  garden,  with  neat  borders  and delicate  flowers;but no glance of a bright vivid physiognomy, no open country, no fresh air, no blue hill, no bonny beck\u201d.<br \/>\n4 Le pendant de cette esth\u00e9tique serait celle de Bergman dans <i>Persona<\/i>(1967), ou <i>Sonate d\u2019Automne<\/i> (1978)<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DEUXI\u00c8ME S\u00c9ANCE DU CYCLE \u00ab\u00a0CIN\u00c9MA JAPONAIS\u00a0\u00bb Dur\u00e9e :115 minutes Noir et blanc Pays :&nbsp;Japon 35mm. 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