{"id":2570,"date":"2019-10-10T06:49:41","date_gmt":"2019-10-10T05:49:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2570"},"modified":"2019-10-15T07:31:09","modified_gmt":"2019-10-15T06:31:09","slug":"les-moissons-du-ciel-de-terrence-malick-9-10-2019-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2570","title":{"rendered":"Les Moissons du ciel de Terrence Malick (9\/10\/2019, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/CvHIibTpxYk\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img6.acsta.net\/c_215_290\/medias\/nmedia\/18\/71\/33\/71\/19347072.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><b> Dur\u00e9e <\/b>: 94 minutes<br \/>\n<b>Couleur<\/b><br \/>\n<b>Pays :\u00a0<\/b>Etats-Unis<br \/>\n<b>35mm. VOSTFR<\/b><br \/>\n<b>Ann\u00e9e :\u00a0<\/b>1978<br \/>\n<b>Avec :\u00a0<\/b>Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard, Linda Manz<\/p>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa s\u0153ur Linda fuient Chicago pour faire les moissons au Texas. Bill pousse Abby \u00e0 c\u00e9der aux avances d&rsquo;un riche fermier, qu&rsquo;ils savent atteint d&rsquo;une maladie incurable&#8230;<\/div>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">Et pour r\u00e9sumer :<\/p>\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le mardi 09 octobre 2019, 20h30<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-title\">Les Moissons du ciel<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-director\"> de Terrence Malick<\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>En 1916, Bill (Richard Gere) et Abby (Brooke Adams), deux amants vagabonds, s\u2019enfuient au Texas pour faire les moissons d\u2019un riche fermier (Sam Shepard). Lorsque Bill apprend que celui-ci est atteint d\u2019une maladie mortelle, il d\u00e9cide de sauter sur l\u2019occasion et pousse Abby \u00e0 s\u00e9duire ce dernier pour prendre possession de sa fortune. Mais des soup\u00e7ons \u00e9mergent et l\u2019\u00e9tau se resserre sur Bill, alors m\u00eame que la nature se d\u00e9cha\u00eene\u2026<\/p>\n<p>Tourn\u00e9 en 1976 et sorti au cin\u00e9ma deux ans plus tard, <i>Les Moissons du ciel<\/i> est le deuxi\u00e8me film de Terrence Malick. C\u2019est au prix d\u2019un tournage \u00e9puisant et de deux ann\u00e9es de montage intensives que le long-m\u00e9trage remporte le Prix de la mise en sc\u00e8ne au Festival de Cannes de 1979, ainsi que l\u2019Oscar de la meilleure photographie. Une r\u00e9compense amplement m\u00e9rit\u00e9e pour le r\u00e9alisateur et pour le c\u00e9l\u00e8bre directeur de la photographie N\u00e9stor Almendros, qui \u00e9tait en train de perdre la vue au moment du tournage. Almendros et son acolyte Haskell Wexler, qui prit le relais lorsque Almendros fut contraint de repartir en France tourner <i>L\u2019Homme qui aimait les femmes de Truffaut<\/i>, prirent le parti de filmer principalement durant l\u2019heure dor\u00e9e, lorsque le soleil darde ses derniers rayons sur les champs. Avan\u00e7ant parfois au rythme d\u2019une vingtaine de minutes de tournage par jour, Malick est parvenu \u00e0 capturer une lumi\u00e8re naturelle, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re mais intense, qui illumine tous ses plans. Ceux-ci sont con\u00e7us comme autant de tableaux vivants dans lesquels se prom\u00e8nent librement les personnages. La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la peinture est rendue explicite : la Maison au bord de la voie ferr\u00e9e de Hopper a \u00e9t\u00e9 reconstruite dans son enti\u00e8ret\u00e9 pour le tournage du film, devenant la demeure victorienne du fermier ; elle est admir\u00e9e de loin par Bill et Abby qui fendent les immenses champs de bl\u00e9 am\u00e9ricains peints par Andrew Wyeth \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940.<\/p>\n<p>Cette dimension picturale donne la singuli\u00e8re impression que le film se situe aux fronti\u00e8res de l\u2019espace et du temps. Le spectateur peut ainsi contempler des instants suspendus, des moments de rupture que Malick r\u00e9ussit \u00e0 figer pour les donner \u00e0 voir avant qu\u2019ils ne s\u2019\u00e9chappent. Il n\u2019est donc pas anodin que l\u2019action se situe dans une p\u00e9riode charni\u00e8re, un an avant le d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale pour les \u00c9tats-Unis, toujours divis\u00e9s entre l\u2019image d\u2019un pays agraire et vierge et celle d\u2019une puissance mondiale industrielle. \u00c0 la fronti\u00e8re de l\u2019Am\u00e9rique sauvage, l\u2019amour et la haine, le jour et la nuit, les hommes et la nature s\u2019affrontent et s\u2019entrechoquent. Pour les protagonistes, il s\u2019agit bien de remonter le temps en m\u00eame temps qu\u2019ils rebroussent chemin du nord au sud, allant \u00e0 contre-courant de la ru\u00e9e vers les villes industrialis\u00e9es du nord-est. Le Texas Panhandle appara\u00eet alors comme un \u00c9den r\u00eav\u00e9 o\u00f9 pourraient cohabiter hommes et nature et o\u00f9 l\u2019amour serait possible. Mais les dynamiques d\u2019industrialisation et la violence des rapports de classe contaminent ce paradis perdu depuis longtemps d\u00e9j\u00e0. Pas d\u2019\u00e9chappatoire face aux forces brutes de la nature qui finissent par ressurgir. Une pluie de sauterelles s\u2019abat sur les champs, un incendie d\u00e9vastateur ravage les propri\u00e9t\u00e9s du fermier, et l\u2019idylle pastorale vire au cauchemar.<\/p>\n<p>Le film est un vrai point de rupture pour Terrence Malick. D\u00e9\u00e7u par les premiers rushes, il d\u00e9cide de se d\u00e9tourner subitement des m\u00e9thodes de tournage traditionnelles, abandonne son sc\u00e9nario et se met \u00e0 filmer sans but pr\u00e9cis, se laissant guider par son imagination et son intuition. Il explique avoir voulu \u00ab\u00a0prendre le sc\u00e9nario par un autre bout, dans le style de Tolsto\u00ef plut\u00f4t que de Dosto\u00efevski, jouer sur des plans larges au lieu d&rsquo;utiliser la profondeur de champ, et tourner des kilom\u00e8tres de pellicule avec l&rsquo;espoir de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes dans la salle de montage\u00a0\u00bb \u2014 au grand dam du producteur Bert Schneider et de Richard Gere ! Mais c\u2019est un film ma\u00eetris\u00e9 en tous points que Malick propose au visionnage, o\u00f9 surnagent une multitude d\u2019images poignantes qui hantent l\u2019esprit du spectateur : une rivi\u00e8re \u00e9tincelante, une maison baign\u00e9e dans la lumi\u00e8re du soleil couchant, ou encore un train qui traverse l\u2019immensit\u00e9 du territoire am\u00e9ricain\u2026 Toutes ces sc\u00e8nes disparates s\u2019assemblent et d\u00e9filent au rythme de la narration \u00e9mouvante de Linda Manz, qui improvisa au montage la voix-off. Film onirique et intimiste, <i>Les Moissons du ciel <\/i>est \u00e0 voir, \u00e9couter et lire comme un po\u00e8me visuel et musical, o\u00f9 les images se font \u00e9cho et s\u2019entrem\u00ealent, baign\u00e9es dans la lumi\u00e8re du soleil couchant.<\/p>\n<\/div>\n<p>Capucine<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e : 94 minutes Couleur Pays :\u00a0Etats-Unis 35mm. VOSTFR Ann\u00e9e :\u00a01978 Avec :\u00a0Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard, Linda Manz Synopsis : En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa s\u0153ur Linda fuient Chicago pour faire les moissons au Texas. 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