{"id":2522,"date":"2019-09-27T08:45:41","date_gmt":"2019-09-27T07:45:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2522"},"modified":"2019-10-03T07:53:03","modified_gmt":"2019-10-03T06:53:03","slug":"lola-de-jacques-demy-2-octobre-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2522","title":{"rendered":"Lola de Jacques Demy (2 octobre 2019-20h30)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/UvS2ozjnwf0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\n\">\n<div class=\"entry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"http:\/\/fr.web.img4.acsta.net\/pictures\/1\n7\/01\/23\/13\/35\/438670.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/div>\n<p><\/p>\n<div class=\"entry-text-info\"><b> Dur\u00e9e <\/b>:90 minutes<br><b>Noir et blanc<\/b><br><b>Pays :<\/b>France<br><b>BR. Vo (fran\u00e7ais)<\/b><br><b>Ann\u00e9e : <\/b>1961<br><b>Avec : <\/b>Anouk Aim\u00e9e, Marc Michel, Elina Labourdette\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : \u00ab\u00a0Un premier amour, c&rsquo;est tellement fort.\u00a0\u00bb Quand il revient \u00e0 Nantes, Roland retrouve C\u00e9cile, son amour de jeunesse. La jeune femme est devenue danseuse dans une bo\u00eete \u00e0 matelot, et elle aussi attend son premier amour : Michel, parti depuis des ann\u00e9es pour faire fortune en Am\u00e9rique. Maintenant, elle s&rsquo;appelle Lola.<\/div>\n<p><b>SEANCE PRESENTEE PAR BAMCHADE POURVALI, EN PARTENARIAT AVEC PARLER CINE<\/b>\n<\/p>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">Et pour r\u00e9sumer :\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le mercredi 2 octobre 2019, 20h30<\/span><br>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<\/span><br>\n<span class=\"resume-title\">Lola<\/span><br>\n<span class=\"resume-director\"> de Jacques Demy<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/p>\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p> \u00ab C&rsquo;\u00e9tait dans quel film&#8230; Il y avait un marin et une petite fille. Il la prenait dans ses bras et il tournait avec elle. \u00c7a allait tr\u00e8s, tr\u00e8s lentement. [\u2026] C&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s beau. \u00bb demande Macha M\u00e9ril \u00e0 son amant dans <i>Une femme mari\u00e9e<\/i> (1964) de Godard. Ce film s&rsquo;appelle Lola, et c&rsquo;est le premier long m\u00e9trage de Jacques Demy.<br>\n\u2018Lola \u2019. Quatre petites lettres qui sonnent comme une chanson, et plongent le cin\u00e9phile dans un tourbillon de souvenirs. Lola, c&rsquo;est un peu une cousine de la Loulou de Berg et Pabst, une fille qui se d\u00e9brouille comme elle peut. C&rsquo;est l&rsquo;Ange bleu qui a les longues jambes de Marlene Dietrich dans le film de Josef von Sternberg, ce sera la \u2018femme allemande\u2019, symbole d&rsquo;une Allemagne en plein miracle \u00e9conomique, chez Fassbinder. Et entre les deux, il y a la Lola de Demy, la plus m\u00e9lancolique, sans doute. Celle qui dit \u00ab l&rsquo;amour, c&rsquo;est beau \u00bb et qui \u00ab n&rsquo;ouvrira ses bras, qu&rsquo;\u00e0 celui qu&rsquo;elle reconna\u00eetra entre mille, entre cent ou trois \u00bb. C&rsquo;est elle, c&rsquo;est Lola.<\/p>\n<p>Dans le premier film de Demy, tous les \u00e9l\u00e9ments qui feront son cin\u00e9ma sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Il y a des filles-m\u00e8res et des matelots, des jeunes filles qui veulent vivre un grand amour, et des jeunes hommes qui n&rsquo;arrivent pas \u00e0 se faire aimer. Il y a des femmes qui attendent et esp\u00e8rent, qui croient au miracle. Et entre tous ces personnages, c&rsquo;est un chass\u00e9-crois\u00e9, un ballet amoureux qui suscite \u00e0 chaque fois l&rsquo;espoir d&rsquo;un amour. Les contempteurs de Demy l&rsquo;accusent d&rsquo;ang\u00e9lisme. Son cin\u00e9ma serait niais, rose bonbon, trop sucr\u00e9. A ceux-l\u00e0, <i>Lola<\/i> oppose le plus beau des d\u00e9mentis. La ville de Nantes, la promesse d&rsquo;un d\u00e9part vers des lointains plus heureux, est nimb\u00e9e d&rsquo;une m\u00e9lancolie profonde. Le film est impr\u00e9gn\u00e9 de ce go\u00fbt amer que laissent les occasions manqu\u00e9es, les rendez-vous rat\u00e9s, les coups du destin qui s\u00e9parent deux amants. La qu\u00eate de l&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 est parfois un appel sans r\u00e9ponse, et les histoires d&rsquo;amour ne dureront pas toujours.<\/p>\n<p><i>Lola <\/i>est organis\u00e9, comme beaucoup des films de Jacques Demy, sur l&rsquo;id\u00e9e de retour et de d\u00e9part. D\u00e8s le d\u00e9but du film, deux hommes reviennent en ville : Roland Cassard, qui transporte son amour de jeunesse dans son c\u0153ur et Malraux dans sa poche, et Michel, l&rsquo;homme attendu. Sa premi\u00e8re apparition est d&rsquo;abord un hommage au cin\u00e9ma am\u00e9ricain : chapeau blanc et grosse voiture, il a tous les signes de la r\u00e9ussite mat\u00e9rielle. Mais que son regard se pose sur la mer, et c&rsquo;est Ulysse qui rentre \u00e0 Ithaque, pour retrouver la P\u00e9n\u00e9lope qui patiemment a attendu son retour. Et c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 la d\u00e9licatesse de Demy, avec ce panoramique vertical qui descend lentement le long d&rsquo;un r\u00e9verb\u00e8re1 tandis que r\u00e9sonnent les notes d&rsquo;une musique immortalis\u00e9e par un autre film : <i>Le Plaisir<\/i> (1952) de Max Ophuls, \u00e0 qui Lola est d\u00e9di\u00e9&nbsp;; d\u2019ailleurs Demy tournera plus tard deux films avec Danielle Darrieux, actrice f\u00e9tiche d&rsquo;Ophuls. Ophuls et Demy ont en partage cette recherche de la fluidit\u00e9, cet amour de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance discr\u00e8te qui fait doucement advenir la m\u00e9lancolie, et dit la fragilit\u00e9 des \u00eatres. Les quelques mesures qui r\u00e9sonnent sont le refrain d&rsquo;une chanson :<br>\n \u00ab Combien je regrette mon bras si dodu \/<br>\nma jambe bien faite \/ et le temps perdu. \u00bb<\/p>\n<p>Le temps perdu, tous les personnages du film courent apr\u00e8s, \u00e0 leur fa\u00e7on. Lola garde en elle son pass\u00e9 comme un tr\u00e9sor ; Roland ne parvient pas \u00e0 se d\u00e9faire de son amour pour C\u00e9cile, qui revient intact. Comme le dit la petite C\u00e9cile, \u00ab un premier amour, c&rsquo;est tellement fort. \u00bb Ce temps perdu se retrouve chez Demy dans les nombreux effets de miroir qui existent entre les personnages, comme si chacun \u00e9tait aussi une r\u00e9verb\u00e9ration, une r\u00e9incarnation. C&rsquo;est ainsi que le tragique s&rsquo;invite chez Demy. Il y les deux C\u00e9cile, et puis Mme Desnoyers, un autre double de Lola : Elina Labourdette, l&rsquo;actrice qui incarne ce r\u00f4le, a elle aussi jou\u00e9 une danseuse chez Bresson, dans <i>Les Dames du Bois de Boulogne<\/i> (1945). Comme elle, et Marlene Dietrich auparavant, Lola portera un haut de forme. L&rsquo;hommage se teinte alors de nostalgie.<\/p>\n<p>Les personnages de Demy d\u00e9passent le simple cadre du film. A la mani\u00e8re d&rsquo;un Balzac, Demy d\u00e9ploie une v\u00e9ritable com\u00e9die humaine, o\u00f9 les personnages r\u00e9apparaissent de film en film. C&rsquo;est un jeu \u00e9mouvant pour les demyens que de rep\u00e9rer les passages o\u00f9 leurs h\u00e9ros seront \u00e9voqu\u00e9s, et Lola est sans doute l&rsquo;une des figures les plus r\u00e9currentes de ce monde pas si enchant\u00e9. C\u00e9cile est l&rsquo;amie de Genevi\u00e8ve, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne des <i>Parapluies de Cherbourg <\/i>(1963), celle qui \u00ab a horreur du th\u00e9\u00e2tre \u00bb. Quant \u00e0 Mme Desnoyers, elle a laiss\u00e9 son t\u00e9l\u00e9viseur \u00e0 r\u00e9parer chez Edmond dans <i>Une chambre en ville<\/i> (1984). Dix ans apr\u00e8s Lola, Anouk Aim\u00e9e reprend son r\u00f4le dans <i>Model Shop<\/i> (1968), fl\u00e2nerie californienne et \u00e9tape hollywoodienne de la carri\u00e8re de Demy. Dans ce film d&rsquo;une tristesse profonde, la s\u00e9millante chanteuse n&rsquo;est plus qu&rsquo;un fant\u00f4me qui tra\u00eene son boa et son cafard dans les rues de Los Angeles2. Quelques ann\u00e9es plus tard, dans <i>Les Parapluies de Cherbourg<\/i>, on retrouve Roland Cassard. Il a un peu vieilli, et beaucoup voyag\u00e9. Il a fait fortune dans le diamant. Face \u00e0 Mme Emery, une autre version de Mme Desnoyers, il se souvient&nbsp;: \u00ab Autrefois, j&rsquo;ai aim\u00e9 une femme. Elle ne m&rsquo;aimait pas. Elle s&rsquo;appelait Lola. Autrefois&#8230; \u00bb<br>\nAnne<\/p>\n<p>1 Ce type de plan est r\u00e9current chez Demy. Il trouve son double dans le plan final des <i>Parapluies de Cherbourg<\/i>, sous forme cette fois d&rsquo;une ascension au-dessus de la station-service de Guy. Un autre hommage \u00e0 Ophuls, par exemple dans Une chambre en ville&nbsp;: la premi\u00e8re nuit d&rsquo;amour des amants est film\u00e9e par un panoramique vertical jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la cam\u00e9ra atteigne une fen\u00eatre, comme au d\u00e9but de \u00ab&nbsp;La Maison Tellier&nbsp;\u00bb, sketch central du <i>Plaisir<\/i>.<\/p>\n<p>2 Attention spoiler&nbsp;! On apprend dans ce film que son mari Michel l&rsquo;a quitt\u00e9e pour une autre, Jackie, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne de <i>La Baie des anges<\/i> (1963), le film suivant de Demy. Et puis, dans <i>Les Demoiselles de Rochefort<\/i>, un corps de femme d\u00e9coup\u00e9 en morceaux est retrouv\u00e9 Rue de la biens\u00e9ance. Elle \u00ab&nbsp;r\u00e9pondait au fier pseudonyme de Lola-Lola,\u00bb chante Danielle Darrieux. Ainsi finit Lola. Jacques Demy, cin\u00e9aste de la joie de vivre, vraiment&nbsp;?<\/p>\n<p><\/p>\n<\/div>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e :90 minutesNoir et blancPays :FranceBR. Vo (fran\u00e7ais)Ann\u00e9e : 1961Avec : Anouk Aim\u00e9e, Marc Michel, Elina Labourdette Synopsis : \u00ab\u00a0Un premier amour, c&rsquo;est tellement fort.\u00a0\u00bb Quand il revient \u00e0 Nantes, Roland retrouve C\u00e9cile, son amour de jeunesse. 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