{"id":2478,"date":"2019-09-16T12:41:20","date_gmt":"2019-09-16T11:41:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2478"},"modified":"2019-09-21T13:41:00","modified_gmt":"2019-09-21T12:41:00","slug":"eyes-wide-shut-de-stanley-kubrick","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2478","title":{"rendered":"Eyes Wide Shut (19 septembre 2019-20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/YEfyfcEdW4Y\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-m\nedium\" src=\"https:\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/1416\/8662\/products\/eyes_wide_1999_original_film_art_2000x.jpg?v=1568379308\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><b> Dur\u00e9e <\/b>:165 minutes<br \/>\n<b>Couleur<\/b><br \/>\n<b>Pays :<\/b> Etats-Unis<br \/>\n<b>35 mm. VOSTFR<\/b><br \/>\n<b>Ann\u00e9e : <\/b>1999<br \/>\n<b>Avec : <\/b>Tom Cruise, Nicole Kidman, Sydney Pollack<\/p>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : Rien qu&rsquo;un r\u00eave, la folle nuit de Bill dans New York? Rien qu&rsquo;un r\u00eave, ce ch\u00e2teau o\u00f9 se d\u00e9roule une \u00e9trange orgie? Rien qu&rsquo;un r\u00eave, ce masque retrouv\u00e9 \u00e0 son retour sur l&rsquo;oreille de sa femme? Quand Stanley Kubrick adapte Schnitzler, le r\u00eave est un vertige.<\/div>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">Et pour r\u00e9sumer :<\/p>\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le jeudi 19 septembre 2019, 20h30<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<br \/>\n<span class=\"resume-title\">Eyes Wide Shut<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-director\"> de Stanley Kubrick<\/span><\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>No\u00ebl approche et la nuit tombe t\u00f4t \u00e0 New York. Le docteur Hartford d\u00e9rive, de bals luxueux en patients d\u00e9v\u00eatus, vers un monde de fantasme et de d\u00e9bauche.<br \/>\n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eyes wide shut est le dernier film de Kubrick, qui apr\u00e8s quelques films noirs, semble s\u2019\u00eatre efforc\u00e9 de visiter les diff\u00e9rents genres dans lesquels on range, par souci de commodit\u00e9, les films. Si 2001 est le film de science fiction, Barry Lyndon le film historique et The Shining le film d\u2019horreur, Eyes wide shut serait le film \u00e9rotique. Il est plus exact de consid\u00e9rer Eyes wide shut comme un film sur l\u2019\u00e9rotisme, et d\u2019envoyer au diable les genres et les autres films de Kubrick. La premi\u00e8re prise du film donne le ton ; intercal\u00e9e entre deux titres, Alice Hartford se d\u00e9shabille et laisse tomber, indiff\u00e9remment sa robe, pour finir d\u00e9v\u00eatue si ce n\u2019est ses talons hauts. Si les plans du film offrant cette qualit\u00e9 picturale (songeons pour cet insert \u00e0 la peinture, aux sc\u00e8nes d\u2019int\u00e9rieur et sc\u00e8nes intimes fr\u00e9quentes \u00e0 la jonction entre le 19i\u00e8me et 20i\u00e8me si\u00e8cle, repr\u00e9sentant des femmes s\u2019habillant, \u00e0 leur toilette) ne sont pas si fr\u00e9quents, un th\u00e8me est introduit : la repr\u00e9sentation sensuelle du corps. La prise est plut\u00f4t neutre, et le mouvement n\u2019a rien d\u2019aguicheur \u2014 seuls les talons hauts gardent une connotation \u00e9rotique \u2014  pourtant, ce corps de femme nue n\u2019est pas quelconque, et sa repr\u00e9sentation est un d\u00e9but de fantasme \u2014 renforc\u00e9 par le voyeurisme, autre motif du film. La nudit\u00e9, principalement f\u00e9minine, est repr\u00e9sent\u00e9e sous plusieurs formes \u2014 de la femme en train de s\u2019habiller \u00e0 celle allong\u00e9e la morgue \u2014 et est toujours habit\u00e9e par un fant\u00f4me suggestif, par l\u2019ombre de la volupt\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette fronti\u00e8re t\u00e9nue qui s\u00e9pare l\u2019\u00e9rotisme de la vie ordinaire est mise en sc\u00e8ne dans le film. Tout d\u2019abord, c\u2019est une s\u00e9paration entre le monde intime et le monde social ; la premi\u00e8re sc\u00e8ne en donne un aper\u00e7u. Le deuxi\u00e8me plan suit Bill Harrford dans la partie priv\u00e9e de son appartement ; sa chambre, et un cabinet de toilette, o\u00f9 sa femme peut se changer et faire ses besoins en laissant la porte ouverte. Ce plan s\u2019ach\u00e8ve sur la porte de la chambre se refermant (offrant ainsi un semblant de transition par un passage au noir). Commence alors un deuxi\u00e8me plan mobile suivant les \u00e9poux, pr\u00eats \u00e0 se pr\u00e9senter devant la babysitter. La grande fluidit\u00e9 des prises qui suivent assurent la continuit\u00e9 du cheminement \u2014 fondu sur la rue, permettant de situer l\u2019action, puis fondu sur l\u2019appartement o\u00f9 est re\u00e7u le couple, et enfin fondu sur la salle de bal. Cette d\u00e9marcation entre la vie priv\u00e9e et la vie sociale est perturb\u00e9e quand l\u2019invit\u00e9 redevient le docteur, et est appel\u00e9 par son h\u00f4te pour g\u00e9rer une situation d\u00e9licate (rompant une longue prise continue o\u00f9 Bill Hartford se laisse entra\u00eener par deux sir\u00e8nes \u00e0 l\u2019\u00e9cart du reste des convives).<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette vie sociale, de plus, n\u2019est pas aseptis\u00e9e. Les \u00e9l\u00e9gants salons o\u00f9 Ziegler tient sa soir\u00e9e sont aussi un lieu s\u00e9duction. Si le corps nu d\u2019Alice est montr\u00e9 simplement dans la premi\u00e8re prise du film, l\u2019image tourne autour d\u2019elle et reluque ses \u00e9paules au moment o\u00f9 elle se fait aborder par un suave et imperturbable admirateur hongrois. Les lumi\u00e8res les enveloppent de teintes chaudes, l\u2019image est diffuse, et la conversation devient rapidement badine, parfois plus que suggestive. Leur danse, qui suit, est film\u00e9e de pr\u00e8s sur leur visage \u2014 sc\u00e8ne \u00e0 comparer avec celle o\u00f9 Bill et Alice dansent ensemble \u2014, soulignant leur proximit\u00e9 ainsi que la fine ligne que le flirt ne d\u00e9passe pas, tout en s\u2019en approchant. Bill, de son c\u00f4t\u00e9, d\u00e9ambule dans les couloirs, un mannequin \u00e0 chaque bras, tournant avec un soup\u00e7on de fatuit\u00e9 la t\u00eate de l\u2019une vers l\u2019autre. Le devoir l\u2019emporte pourtant, et Alice se d\u00e9fait de son cavalier dandy en lui rappelant (malgr\u00e9 la plus grande indiff\u00e9rence sur ce point de son interlocuteur quant \u00e0 ce d\u00e9tail) qu\u2019elle est mari\u00e9e. Le flirt est le premier pas non concluant vers la transgression qui forme le sujet du film.<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette ligne qui s\u00e9pare les personnages des fantasmes est encore fragilis\u00e9e au d\u00e9but du film, lors de la vignette pr\u00e9sentant diff\u00e9rents moments de la journ\u00e9e du couple. La sc\u00e8ne d\u00e9bute comme un aper\u00e7u de la vie urbaine, presque publicitaire, (rappellant un peu l\u2019ironique d\u00e9but de Blue Velvet de David Lynch) \u2014 vignette de la fa\u00e7ade de la vie dans la province am\u00e9ricaine : le docteur saluant sa secr\u00e9taire, r\u00e9cup\u00e9rant ses papiers, sa femme pendant ce temps s\u2019occupant de leur enfant \u2014  puis est perturb\u00e9e par un plan sur une femme nue qu\u2019ausculte le docteur, un plan sur Alice s\u2019habillant.<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u00e9trange nuit durant laquelle se d\u00e9roule la partie centrale du film suit le long \u00e9garement du protagoniste dans un monde o\u00f9 les fantasmes trouvent satisfaction. Un monde de masques et de capes, de soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te et de mots de passe ; des meubles luisants, de riches plafonds ; des heures tardives, la mort aussi. Le fantasme repr\u00e9sent\u00e9 dans le film se nourrit d\u2019un imaginaire voluptueux et d\u00e9cadent, o\u00f9 on propose de faire l\u2019amour entre deux Michel Ange, o\u00f9 les biblioth\u00e8ques accueillent les corps masqu\u00e9s d\u2019amants \u2014 un monde cultiv\u00e9, d\u00e9cadent, et romanesque \u2014 o\u00f9 le rite et l\u2019\u00e9vocation parent la jouissance. Les d\u00e9cors et accessoires illustrent \u00e0 foison l\u2019esth\u00e9tique d\u00e9cadente : les masques v\u00e9nitiens, le portrait sur fond rouge d\u2019une courtisane nue ornant le cabinet de Ziegler. Le cadrage tente aussi quelques excursions picturales comme dans ces plans o\u00f9 une femme d\u00e9v\u00eatue est angulairement affal\u00e9e dans un canap\u00e9 tandis qu\u2019au premier plan le client riche est encore pr\u00e9sent sous la forme d\u2019un poignet orn\u00e9 d\u2019une riche montre, ou occup\u00e9 \u00e0 remettre son pantalon de smoking.<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et au petit matin, tout dispara\u00eet. Un peu comme cette f\u00eate du Grand Meaulnes qui s\u2019efface le lendemain, le monde secret o\u00f9 Bill s\u2019est immisc\u00e9 un soir par hasard se referme devant lui. Renfor\u00e7ant encore le romanesque, Eyes wide shut suit un sch\u00e9ma modifi\u00e9 de Bildungsroman1, o\u00f9 l\u2019apprentissage \u00e9choue : le fantasme n\u2019est pas la vie, et Bill se retrouve, la nuit achev\u00e9e, dans le royaume du jour. Qu\u2019a-t-il appris ? Un peu sur l\u2019homme peut \u00eatre, sur cette \u00e9toffe dont les r\u00eaves sont faits  \u2014  les r\u00eaves secrets, les r\u00eaves enterr\u00e9s.<br \/>\nA. Picard<\/p>\n<p>1 L\u2019histoire d\u2019Eyes wide shut garde quelque chose de la litt\u00e9rature allemande du d\u00e9but du XIXi\u00e8me si\u00e8cle : l\u2019errance de Bill d\u2019un personnage \u00e0 un autre est typique du roman de formation, la soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te appara\u00eet d\u00e9j\u00e0 dans Wilhelm Meister, et dans De la Vie d\u2019un vaurien d\u2019Eichendorff. Les activit\u00e9s exerc\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te est elle digne des romans libertins.<br \/>\nEyes wide shut est une adaptation libre d\u2019un roman d\u2019Arthur Schnitzler, Traumnovelle.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e :165 minutes Couleur Pays : Etats-Unis 35 mm. 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