{"id":2410,"date":"2019-05-02T10:00:22","date_gmt":"2019-05-02T09:00:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2410"},"modified":"2019-10-02T16:51:03","modified_gmt":"2019-10-02T15:51:03","slug":"fleurs-dequinoxe-mardi-7-mai-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2410","title":{"rendered":"Fleurs d&rsquo;\u00e9quinoxe (mardi 7 mai 2019, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/CdD03ynkEpM\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"\nentry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"http:\/\/www.carlottavod.com\/images\/stories\/virtuemart\/product\/fiche\/FLEURS_D__\n___QUI_52aaf038c6118.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><b> Dur\u00e9e <\/b>:118 minutes<br \/>\n<b>Couleur<\/b><br \/>\n<b>Pays : Japon<\/b><br \/>\n<b>DVD. VOSTFR<\/b><br \/>\n<b>Ann\u00e9e : 1958<\/b><br \/>\n<b>Avec : <\/b>Shin Saburi , Kinuyo Tanaka , Yoshiko Kuga<\/p>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : \u00ab Le probl\u00e8me, quand on a des filles, c\u2019est qu\u2019il faut les marier \u00bb, soupire Hirayama. Ses amis, p\u00e8res aussi de ribambelles de filles, opinent du chef. Car dans le Japon de l\u2019apr\u00e8s-guerre, les filles refusent les mariages arrang\u00e9s et se mettent en t\u00eate de choisir elles-m\u00eames leur futur. Une situation qui est parfois douloureuse, surtout quand le p\u00e8re de famille r\u00e9prouve leur choix. Mardi soir, on retrouve donc Ozu dans son th\u00e8me de pr\u00e9dilection : les \u00e9volutions des rapports g\u00e9n\u00e9rationnels dans un Japon boulevers\u00e9 par la guerre.<\/div>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">Et pour r\u00e9sumer :<\/p>\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le mardi 07 mai 2019, 20h30<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-title\">Fleurs d&rsquo;\u00e9quinoxe<!--\nspan--><br \/>\n<span class=\"resume-director\"> de Yasujir\u014d Ozu<\/span><\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>\u00ab&nbsp;La vie n\u2019est que contradictions&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est le moment du toast. M. Hirayama se l\u00e8ve, et boit \u00e0 l\u2019union des deux jeunes mari\u00e9s. De son temps, raconte-t-il, les mariages \u00e9taient arrang\u00e9s, les \u00e9poux ne se connaissaient pas avant de s\u2019engager \u00e0 passer leur vie ensemble. Aujourd\u2019hui, c\u2019est bien diff\u00e9rent&nbsp;: les jeunes filles veulent choisir elles-m\u00eames leur mari. Et sans doute est-ce pour le mieux, conclut-il. Pourtant, c\u2019est le visage ferm\u00e9 et l\u2019\u0153il courrouc\u00e9 que M. Hirayama re\u00e7oit la demande en mariage de Taniguchi, amoureux de sa fille a\u00een\u00e9e, Setsuko. La vie paisible du  foyer se fissure.<\/p>\n<p>La faille vient de plus loin. C\u2019est celle trac\u00e9e dans la vie des Japonais par cette guerre, qui a radicalement chang\u00e9 le visage du Japon et les relations entre les \u00eatres. Les villes sont, chez Ozu, des personnages \u00e0 part enti\u00e8re de l\u2019histoire. Faubourgs mis\u00e9reux, maisons bourgeoises, rues pleines de vie\u2026 Du r\u00e9alisme de ses d\u00e9buts aux histoires se d\u00e9roulant dans des milieux bourgeois de la p\u00e9riode de l\u2019apr\u00e8s-guerre, Ozu filme inlassablement les \u00eatres dans leur environnement, ajoutant \u00e7\u00e0 et l\u00e0 le petit d\u00e9tail qui attirera l\u2019\u0153il et nous fait rentrer dans une intimit\u00e9. Il suffit d\u2019une chemise qui s\u00e8che au soleil, petite tache de vie, pour assurer la transition vers l\u2019int\u00e9rieur de la maison. Le Tokyo de <i>Fleurs d\u2019\u00e9quinoxe<\/i> est celui de la modernit\u00e9, bien \u00e9loign\u00e9, d\u00e9j\u00e0, du Tokyo en ruines du <i>Voyage \u00e0 Tokyo<\/i>. La couleur met en \u00e9vidence les teintes vives, la peinture fra\u00eeche&nbsp;; l\u2019architecture est moderne, les b\u00e2timents fonctionnels. Les nombreux plans de coupe sur la ville n\u2019ont pas une simple valeur illustrative, elliptique. Un plan suffit \u00e0 indiquer o\u00f9 se situe l&rsquo;action, et vient faire signe (occidentalisation de Tokyo, caract\u00e8re rural, traditionnel d&rsquo;Osaka \u00e0 la fin du film). Ils permettent de montrer l\u2019environnement quotidien de M.Hirayama, un environnement majoritairement empreint de modernit\u00e9.<\/p>\n<p>Or, M.Hirayama et ses amis, qui se retrouvent en kimono dans les auberges pour boire, appartiennent \u00e0 l\u2019ancien monde, et tous le savent. Boulevers\u00e9s, ils \u00e9coutent le po\u00e8me \u00e9pique r\u00e9cit\u00e9 par l\u2019un d\u2019entre eux, un po\u00e8me de patriote qui dit la joie de mourir pour l\u2019Empereur. Un h\u00e9ro\u00efsme guerrier, une fougue qui est celle de leur jeunesse enfuie, et qu\u2019ils retrouvent, l\u2019espace d\u2019un instant, dans la voix du conteur. \u00ab&nbsp;Nous ne sommes pas pr\u00eats \u00e0 renoncer \u00e0 notre jeunesse&nbsp;\u00bb, confie ce dernier \u00e0 M. Hirayama. Et pourtant, les enfants sont grands, et les filles veulent se marier. Aussi, le refus que M.Hirayama adresse \u00e0 sa fille n\u2019est-il pas simple r\u00e9action \u00e0 un gendre qu\u2019il ne conna\u00eet pas. C\u2019est la douleur de voir partir les enfants, cette douleur qu\u2019un homme japonais de son temps n\u2019a pas le droit de dire. Mais qu\u2019Ozu, en quelques plans fixes, raconte. Les couloirs de la maison, jadis parcourus par les pieds rapides des filles, habit\u00e9s par les rires \u00e9touff\u00e9s, sont d\u00e9sormais vides. La maison n\u2019a pas chang\u00e9, mais ressemble \u00e0 une carcasse abandonn\u00e9e.<\/p>\n<p>Rester ou partir&nbsp;? Pour les enfants, la question ne cesse de se poser dans les films d\u2019Ozu datant de l\u2019apr\u00e8s-guerre. Le film d\u00e9ploie tout un \u00e9ventail de jeunes filles, chacune lanc\u00e9e, \u00e0 sa mani\u00e8re, \u00e0 la recherche du bonheur. Setsuko, celle par qui la crise arrive, est une jeune fille moderne, coupe courte et v\u00eatements occidentaux. Si moderne que son p\u00e8re craint qu\u2019elle ne soit all\u00e9e trop avant avec son fianc\u00e9. Son amie&nbsp;Yukiko, qu\u2019on ne verra qu\u2019en kimono, incarne une jeune fille en apparence plus traditionnelle, d\u00e9cid\u00e9e, elle, \u00e0 rester aupr\u00e8s de sa m\u00e8re, figure de la jeune fille aimante et sacrifi\u00e9e qu\u2019on retrouve dans <i>Printemps tardif<\/i> ou dans <i>Le Go\u00fbt du sak\u00e9<\/i>. Sans oublier&nbsp;Fumiko, qui a abandonn\u00e9 le foyer parental pour suivre l\u2019homme qu\u2019elle aime, artiste sans le sou. La famille de l\u2019apr\u00e8s-guerre est une famille qui doit forc\u00e9ment passer, \u00e0 un moment o\u00f9 \u00e0 un autre, par une forme de d\u00e9sunion. Les parents et les enfants ne vivent plus sous le m\u00eame toit, et le mariage est une  sorte d\u2019arrachement pour les parents. Mais, dans ce monde de contradictions, les parents sont aussi ceux qui poussent les enfants \u00e0 partir, situation tragique qui fait \u00e0 la fois la grandeur et la m\u00e9lancolie des films d\u2019Ozu.<\/p>\n<p><i>Fleurs d\u2019\u00e9quinoxe<\/i>, c\u2019est l\u2019apprentissage d\u2019une s\u00e9paration. M.Hirayama est un homme distant. Lors des sc\u00e8nes de discussions, si nombreuses chez Ozu, il ne se tourne jamais vers son interlocuteur. Avec son employ\u00e9, cadr\u00e9 en plan moyen, auscult\u00e9, il ne fait que pivoter la t\u00eate, le regardant de c\u00f4t\u00e9, comme s\u2019il ne m\u00e9ritait qu\u2019une partie de son attention. En deux plans frontaux, tout est dit du rapport de force entre les deux personnages. Le personnage adopte la m\u00eame attitude avec sa femme, incarn\u00e9e par Kinuyo Tanaka, actrice f\u00e9tiche de Mizoguchi. Le retour \u00e0 la maison, montr\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, est film\u00e9 comme un rituel o\u00f9 M. Hirayama, sans beaucoup d\u2019\u00e9gards pour sa compagne, jette un \u00e0 un au sol les v\u00eatements de la journ\u00e9e en lui tournant le dos. Avec elle \u00e9galement, le corps n\u2019est jamais enti\u00e8rement donn\u00e9. Contrairement \u00e0 toute une tradition du cin\u00e9ma classique, la cam\u00e9ra n&rsquo;occupe, dans ces discussions, jamais la position d&rsquo;un observateur \u00e9tranger, tourn\u00e9 vers l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des personnages. La cam\u00e9ra fait directement face au personnage, dans un montage frontal typique d&rsquo;Ozu. Truffaut notait que ce choix de mise cr\u00e9ait chez le spectateur un sentiment d&rsquo;inqui\u00e9tude&nbsp;: c&rsquo;est la \u00ab&nbsp;crainte de ne pas rencontrer son interlocuteur. Autrement dit, \u00e0 chaque succession de champ-contrechamp, on croit que l&rsquo;interlocuteur n&rsquo;est plus l\u00e0.&nbsp;1\u00bb Ce ne sera qu\u2019avec Yukiko que M. Hirayama, enfin, laisse tomber les armes et \u00e9tablit un dialogue sinc\u00e8re, faisant r\u00e9ellement face \u00e0 son interlocutrice&nbsp;; Ozu annonce ainsi que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ce personnage, ce lien entre les g\u00e9n\u00e9rations, que le dialogue pourra \u00eatre renou\u00e9 et la situation apais\u00e9e.<\/p>\n<p>Le sentiment des derni\u00e8res fois est donc exacerb\u00e9 dans <i>Fleurs d\u2019\u00e9quinoxe<\/i>. C\u2019est le dernier repas de la fille avec sa famille, avant son mariage. C\u2019est la derni\u00e8re promenade au bord de l\u2019eau. Durant cette tr\u00e8s belle sc\u00e8ne, la plus belle, peut-\u00eatre, du film, les deux parents assis sur un banc regardent les enfants qui canotent. Il fait beau. Ils parlent du pass\u00e9, devant le spectacle de ses jeunes qui voguent vers leur avenir. Et bien s\u00fbr, la guerre revient. \u00ab&nbsp;J\u2019ai d\u00e9test\u00e9 cette p\u00e9riode&nbsp;\u00bb, grogne le p\u00e8re (p\u00e9riode d\u2019humiliation, p\u00e9riode de d\u00e9faite). \u00ab&nbsp;Moi, je l\u2019ai aim\u00e9e&nbsp;\u00bb, r\u00e9pond la m\u00e8re, avec ce sourire malicieux qu\u2019elle garde en toutes circonstances. \u00ab&nbsp;Tous les quatre, nous \u00e9tions tout le temps ensemble.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Anne<\/p>\n<p>1.Cit\u00e9 in Jo\u00ebl Magny, <i>Le point de vue<\/i>, Cahiers du cin\u00e9ma, CNDP, Paris, 2001, p.75<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e :118 minutes Couleur Pays : Japon DVD. VOSTFR Ann\u00e9e : 1958 Avec : Shin Saburi , Kinuyo Tanaka , Yoshiko Kuga Synopsis : \u00ab Le probl\u00e8me, quand on a des filles, c\u2019est qu\u2019il faut les marier \u00bb, soupire Hirayama. Ses amis, p\u00e8res aussi de ribambelles de filles, opinent du chef. 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