{"id":2243,"date":"2019-02-27T17:43:07","date_gmt":"2019-02-27T16:43:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2243"},"modified":"2019-10-10T08:10:01","modified_gmt":"2019-10-10T07:10:01","slug":"tabou-de-miguel-gomes-mardi-05-mars-2019-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2243","title":{"rendered":"Tabou de Miguel Gomes (mardi 05 mars 2019, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/oOqjJYehoRY\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"https:\/\/1645110239.rsc.cdn77.org\/image\/f330x470\/q50\/mm\/befr\/movies12543\/posters\/tabou-1.20170228031241.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><b> Dur\u00e9e <\/b>:100 minutes<br \/>\n<b>Noir et blanc<\/b><br \/>\n<b>Pays :<\/b>France, Portugal, Br\u00e9sil, Allemagne<br \/>\n<b>35mm. VOSTFR<\/b><br \/>\n<b>Ann\u00e9e :<\/b>2012<br \/>\n<b>Avec :<\/b>Teresa Madruga, Laura Soveral, Ana Moreira<\/p>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : Une vieille dame au fort temp\u00e9rament, sa femme de m\u00e9nage Cap-Verdienne et sa voisine d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 de bonnes causes partagent le m\u00eame \u00e9tage d\u2019un immeuble \u00e0 Lisbonne. Lorsque la premi\u00e8re meurt, les deux autres prennent connaissance d\u2019un \u00e9pisode de son pass\u00e9 : une histoire d\u2019amour et de crime dans une Afrique de film d\u2019aventures.<\/div>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">Et pour r\u00e9sumer :<\/p>\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le mardi 05 mars 2019, 20h30<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-title\">Tabou<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-director\"> de Miguel Gomes<\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>C\u2019est la brousse. Sous un tronc d\u2019arbre fl\u00e9chi un explorateur regarde devant lui, perdu, la t\u00eate basse et les deux mains pendantes. Une musique de conte de f\u00e9es s\u2019\u00e9chappe en arp\u00e8ges. Deux indig\u00e8nes en pagne transportent une malle, deux autres un cageot. L\u2019explorateur m\u00e9lancolique l\u00e8ve un instant l\u2019oeil vers les deux corps noirs qui s\u2019\u00e9loignent, et replonge dans sa r\u00eaverie. Il fuit, une voix l\u2019annonce, le souvenir de celle qu\u2019il a aim\u00e9. Il traine de paysage en paysage ses yeux tristes et sa barbe, de champs en ruisseaux ; ses hommes suivent ses pas, charriant tissus et bibelots le long de chemins serpent\u00e9s. Vient une rivi\u00e8re &#8211; l\u2019explorateur dit adieu \u00e0 ses hommes, et vient y rencontrer son destin, le crocodile terr\u00e9 dans les eaux boueuses. Depuis, conclut la voix, \u201ccertains jurent avoir vu cette apparition fantomatique : un crocodile m\u00e9lancolique et une dame des temps pass\u00e9s, paire ins\u00e9parable, unie par un myst\u00e9rieux pacte, que la mort jamais n\u2019a bris\u00e9.<\/p>\n<p>Du point de vue narratif, le prologue de <i>Tabou<\/i> vit s\u00e9par\u00e9 du reste du film, comme une petite nouvelle plac\u00e9e devant un roman, ou, comparaison peut \u00eatre plus exacte, comme une ouverture d\u2019op\u00e9ra, o\u00f9 sans parole se m\u00e9langent les th\u00e8mes \u00e0 venir, \u00e0 peine esquiss\u00e9s. Si aucun personnage n\u2019y est introduit, on y d\u00e9couvre quelques symboles, des d\u00e9cors, et un \u00e9tat d\u2019esprit. Une fois le rideau lev\u00e9, et l\u2019intrigue lanc\u00e9e, nous ne sommes pas tout \u00e0 fait perdus, bien que nous quittons pour un temps le continent africain et les contes pour le Portugal contemporain. Contrairement \u00e0 ce que le titre, la filiation qu\u2019elle 1 suppose, ainsi que le prologue, laissent imaginer, le film n\u2019a pas la forme d\u2019un conte. Une fois le prologue fini, il ne s\u2019agit plus, comme dans le <i>Tabou<\/i> de Murnau2, de raconter une histoire l\u00e9gendaire m\u00eal\u00e9e \u00e0 des consid\u00e9rations ethnographiques, presque documentaire. Les protagonistes du film ne sont pas les locaux, mais les colons &#8211; et pas tout \u00e0 fait dans leur figure romanesque d\u2019explorateur perdu dans dans paysages exotiques, d\u2019Europ\u00e9ens en qu\u00eate.<\/p>\n<p>Le film se s\u00e9pare en deux parties, qui reprennent en les inversant les chapitres du film de Murnau ; le Paradis perdu, et le Paradis. Le paradis, c\u2019est le Mozambique, colonie portugaise, o\u00f9 au pied du mont Tabou, Aurore poss\u00e8de une ferme. C\u2019est depuis Lisbonne qu\u2019on s\u2019en souvient, les cheveux blancs et les yeux cach\u00e9es par des verres fum\u00e9s, et o\u00f9, apr\u00e8s avoir perdu son argent au casino, on r\u00e9alise que la vie \u2013 et le film &#8211; ne ressemblent pas aux r\u00eaves. Le paradis perdu, ce sont ses r\u00eaves, aussi un cin\u00e9ma qui ne reviendra plus ; na\u00eff comme le prologue, exotique comme le paradis &#8211; ce cin\u00e9ma que Gomes, plus que  recopier, essaye de retranscrire . Cela passe bien sur par un noir et blanc d\u00e9ployant 3 une tr\u00e8s large gamme de gris, le choix d\u2019un pellicule au grain marqu\u00e9, un form\u00e9 d\u2019image en 4\/3, aussi par l\u2019emploi d\u2019une iconographie d\u2019\u00e9poque, de lumi\u00e8res dans les champs, de chasseuse entre les \u00e9pis de bl\u00e9s, mais surtout par une assez fine compr\u00e9hension de la fra\u00eecheur cin\u00e9matographique des premiers temps, o\u00f9 la cam\u00e9ra \u00e9tait aussi mobile que le mat\u00e9riel et les n\u00e9cessit\u00e9s du cadrage le permettaient, et o\u00f9 le montage recomposait les bribes tant\u00f4t prises \u00e0 la vol\u00e9e, et tant\u00f4t fruit de longues r\u00e9p\u00e9titions.<br \/>\nAntoine Picard<\/p>\n<p>1 Notons que Gomes n\u2019essaye pas de travailler avec un conte pr\u00e9existant &#8211; mais utilise une palette d\u2019images assez r\u00e9centes (l\u2019explorateur europ\u00e9en, les porteurs indig\u00e8nes &#8211; pour lesquels il existe un abondant corpus photographique et cin\u00e9matographique). Il ne s\u2019agit pas \u00e0 vraiment parler d\u2019un conte, mais plus d\u2019une id\u00e9e po\u00e9tique, peut-\u00eatre deux, que l\u2019image seule n\u2019arrive pas tout \u00e0 fait \u00e0 communiquer (d\u2019o\u00f9 l\u2019emploi d\u2019une voix off &#8211; qui n\u2019est pas superflue ; si on pourrait comprendre l\u2019intrigue sans elle, l\u2019effort de d\u00e9duction d\u2019\u00e9nigme demand\u00e9 troublerait la transparence du r\u00e9cit).<br \/>\nLe prologue n\u2019est pas situ\u00e9 &#8211; cependant, la section \u201cParadis\u201d du film se d\u00e9roule au Mozambique. Ce prologue ressemble au film de Murnau, pas dans son th\u00e8me, mais par le m\u00e9lange entre un sujet presque all\u00e9gorique et un regard par moment documentaire.<br \/>\n2 Qui ne se d\u00e9roule pas au Mozambique, mais en Polyn\u00e9sie.<br \/>\n3 Tout le film est en 4\/3 noir et blanc, mais les trois parties sont tourn\u00e9es de mani\u00e8re diff\u00e9rentes. Le prologue joue sur des poses dans le go\u00fbt de peintures symboliques (la posture de l\u2019explorateur est fig\u00e9e dans une attitude que Puvis de Chavanne aurait pu peindre), la premi\u00e8re partie a un grain fin et plus de tonalit\u00e9 (c\u2019est un noir et blanc plus moderne), et la seconde partie, tourn\u00e9e en 16mm, est plus libre dans le cadrage, plus volant.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e :100 minutes Noir et blanc Pays :France, Portugal, Br\u00e9sil, Allemagne 35mm. VOSTFR Ann\u00e9e :2012 Avec :Teresa Madruga, Laura Soveral, Ana Moreira Synopsis : Une vieille dame au fort temp\u00e9rament, sa femme de m\u00e9nage Cap-Verdienne et sa voisine d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 de bonnes causes partagent le m\u00eame \u00e9tage d\u2019un immeuble \u00e0 Lisbonne. 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