{"id":2173,"date":"2018-10-23T23:37:06","date_gmt":"2018-10-23T22:37:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2173"},"modified":"2019-09-27T10:51:33","modified_gmt":"2019-09-27T09:51:33","slug":"mes-petites-amoureuses-de-jean-eustache-mardi-06-novembre-2018-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2173","title":{"rendered":"Mes petites amoureuses de Jean Eustache (mardi 06 novembre 2018, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/u0avhjc4FPM\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><span style=\"display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;\" data-mce-type=\"bookmark\" class=\"mce_SELRES_start\">\ufeff<\/span><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"https:\/\/p3.storage.canalblog.com\/33\/82\/110219\/22457362.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\">\n<p><b> Dur\u00e9e <\/b>:123 minutes<br \/>\n<b>Couleur<\/b><br \/>\n<b>Pays :<\/b>France<br \/>\n<b>35mm . VO (fr)<\/b><br \/>\n<b>Ann\u00e9e :<\/b>1974<br \/>\n<b>Avec :<\/b>Martin Loeb, Jacqueline Dufranne, Jacques Romain, Ingrind Caven<\/p>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : Daniel vit une enfance heureuse dans un petit village des environs de Bordeaux, avec sa grand-m\u00e8re et ses copains. Alors qu&rsquo;il doit entrer au coll\u00e8ge, sa m\u00e8re le fait venir \u00e0 Narbonne aupr\u00e8s d&rsquo;elle et de son compagnon. Il y conna\u00eet ses premiers \u00e9mois amoureux.<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>En pr\u00e9sence de Boris Eustache.<\/strong><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">\n<p>Et pour r\u00e9sumer :<\/p>\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le mardi 06 novembre 2018, 20h30<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-title\">Mes petites amoureuses<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-director\"> de Jean Eustache<\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<\/div>\n<p>Mes Petites amoureuses (Jean Eustache, 1974)<br \/>\nLe souvenir, le romanesque<\/p>\n<p>Le film d\u00e9bute \u00e0 Pessac ; la m\u00e9canique d\u2019une horloge tinte, Daniel dort, soigneusement envelopp\u00e9 par les couvertures. Passage au noir. Le jour s\u2019est lev\u00e9, l\u2019horloge sonne sept heures ; le lit est d\u00e9fait, et, derri\u00e8re la fen\u00eatre, les branches hochent vaguement.<\/p>\n<p><i>Mes Petites amoureuses<\/i> est un film de souvenirs ; la mati\u00e8re<br \/>\npremi\u00e8re, la terre fa\u00e7onn\u00e9e est l\u2019enfance rem\u00e9mor\u00e9e du r\u00e9alisateur. \u201cIl revient \u00e0 ma m\u00e9moire des souvenirs familiers\u201d, entame Trenet comme le g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9bute. Quelques images refont surface : un camarade r\u00eaveur, qu\u2019un coup de poing impr\u00e9vu n\u2019a pas rendu amer ; la visite d\u2019un cirque ; le passage journalier d\u2019un femme et d\u2019une poussette, des sayn\u00e8tes s\u00e9par\u00e9es par des fondus au noir.<\/p>\n<p>Toutes ces sc\u00e8nes se chamaillent ; quel \u00e9trange lien les lie entre elles, les guide vers une m\u00eame fin ? Les dialecticiens se r\u00e9jouissent, et voient deux forces s\u2019affronter : le hasard et le travail unificateur de la m\u00e9moire. Se frottant les mains, ils expliquent : \u00e0 posteriori, une trame se d\u00e9gage d\u2019un 1 ensemble de faits divers recueillis durant une vaste p\u00e9riode, et \u00e0 partir d\u2019eux on construit r\u00e9trospectivement le roman de sa vie, en reconnaissant des motifs, des \u00e9chos &#8211; et en oubliant le reste. Mais, cette fresque entrevue dans une existence erratique n\u2019a qu\u2019un contour estomp\u00e9, elle n\u2019existe que dans le d\u00e9sir d\u2019apercevoir un sens, une direction. La formulation artistique de la vie n\u2019est pas fid\u00e8le. Une oeuvre aussi complexe que La recherche du temps perdu, roman sur la vie et le roman, n\u2019est pas une vie, ni m\u00eame toute une m\u00e9moire. Des M\u00e9moires, aussi riches et vari\u00e9es en anecdotes que celles de Saint-Simon, sont encore un tri, et une unification. L\u2019illusion est-elle pourtant tout \u00e0 fait morte ? En lisant un livre, en regardant un film, nous ne nous attendons pas \u00e0 nous promener dans la rue, o\u00f9 embarquer pour l\u2019Afrique. Lire Conrad n\u2019est pas un moyen bon march\u00e9 pour partir \u00e0 l\u2019aventure. Ce qui se cache derri\u00e8re la transposition qu\u2019effectue une oeuvre, c\u2019est autre chose.<\/p>\n<p>La description stylis\u00e9e, presque sanctifi\u00e9e, de certains souvenirs, leur conf\u00e8re un charme silencieux et saisissant. La discr\u00e9tion de la narration, la rigueur superbe du cadrage &#8211; pr\u00e9cise et sans morceau de bravoure, de la main d\u2019Almendros &#8211; et le jeu contr\u00f4l\u00e9 des acteurs, donnent aux sc\u00e8nes le go\u00fbt \u00e9trange o\u00f9 se m\u00e9langent une part de nostalgie, d\u2019appr\u00e9hension, de douleur et du r\u00e9confort de la beaut\u00e9. Quelques lieux communs, aussi beaux soient-ils, comme cette sc\u00e8ne d\u2019ouverture soeur a\u00een\u00e9e de celles de <i>Quelques jours de la vie d\u2019Oblomov<\/i>, ou de <i>Fanny et Alexandre<\/i>2, (l\u2019horloge est un grain de beaut\u00e9 qu\u2019elles portent toutes trois, trace familiale3), deviennent graves et solennels, et redeviennent myst\u00e9rieux. Presque aucune prise n\u2019est facile. Apr\u00e8s le g\u00e9n\u00e9rique, aucune musique ne vient diluer le drame, ou faire diversion. La nostalgie est bien pr\u00e9sente, mais ce n\u2019est pas tant la nostalgie de l\u2019\u00e9poque, que du temps qui ne reviendra plus, de ce qu\u2019on a perdu. Pour un psychologue, un tel film est peut \u00eatre la lutte d\u2019un insens\u00e9 contre les heures et les ann\u00e9es4 ; pour d\u2019autres, une angoisse et une chaleur.<\/p>\n<p>Comme la plupart des r\u00e9cits biographiques, <i>Mes Petites amoureuses<\/i> n\u2019a pas une construction dramatique, mais romanesque. La forme assez courte qu\u2019offre un film &#8211; en comparaison du roman, qui n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre lu en une fois &#8211; rend les effets d\u2019\u00e9cho et les jeux de renvoi plus apparent. Mes Petites amoureuses s\u2019ouvre \u00e0 Pessac et retourne s\u2019achever \u00e0 Pessac ; le chiasme pousse \u00e0 comparer les sc\u00e8nes &#8211; l\u2019aller et le retour dans le<br \/>\ntrain, les adieux aux retrouvailles. Film de visions, les topos du cin\u00e9ma (le train, le cin\u00e9ma, l\u2019enfant dormant) sont m\u00eal\u00e9s \u00e0 d\u2019autres images plus rares &#8211; la belle embrass\u00e9e, au coin de la rue, la femme et la poussette, qui transposent les peintures sur le vif de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle au cin\u00e9ma du vingti\u00e8me. D\u2019autres sont presque des \u00e9vocations de roman (la \u201clutte\u201d entre Daniel 5 et une jeune fille \u00e9voque celle entre Gilberte et le narrateur dans un jardin pr\u00e8s des Champs Elys\u00e9es, dans <i>A l\u2019ombre des jeunes filles en fleur<\/i>). Ces sc\u00e8nes sont reli\u00e9es par le protagoniste, qui appara\u00eet dans toutes &#8211; c\u2019est apr\u00e8s tout un film autobiographique.<\/p>\n<p>Mais comme tout film, le point de vue n\u2019est pas clairement interne ; les coupes remettent en question le narrateur bien plus qu\u2019un point entre deux phrases. Film au pass\u00e9, il serait tentant d\u2019associer cette voix fluctuante au protagoniste plus tardif ; mais c\u2019est une voix d\u2019enfant qui lit les commentaires en voix off. Et si les souvenirs s\u2019encha\u00eenent souvent dans un ordre un peu erratique, les sc\u00e8nes de Mes Petites amoureuses se suivent selon l\u2019ordre chronologique &#8211; la structure narrative usuelle, qui ne sert pas ici \u00e0 accumuler vers un noeud, mais \u00e0 suivre la progression ; aussi \u00e0 souligner l\u2019effet du temps, qui tricote un noeud imbrisable. L\u2019assemblage des souvenirs dans <i>Mes Petites amoureuses <\/i>n\u2019est pas un collage ; ils sont agenc\u00e9s dans une structure qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de meilleur terme, nous dirons romanesque. Le r\u00e9cit biographique, plus g\u00e9n\u00e9ralement peut-\u00eatre le r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne- fictif ou non-, est souvent introspectif : on y \u00e9tale les motivations, les \u00e9tats d\u2019\u00e2mes, on tente de comprendre et pour cela, on creuse avec des mots. Cependant, ce proc\u00e9d\u00e9 litt\u00e9raire se transpose mal au cin\u00e9ma. Coinc\u00e9 dans une adaptation, un sc\u00e9nariste ou un r\u00e9alisateur tente de sauver la mise en ajoutant des voix off, ou des dialogues embarrass\u00e9s lors de sc\u00e8nes faites \u00e0 la sauvette ; deux id\u00e9es assez peu cin\u00e9matographiques6. <i>Mes Petites amoureuses<\/i> prend un parti diff\u00e9rent. Le cin\u00e9ma n\u2019a pas les qualit\u00e9s introspectives de l\u2019\u00e9criture, mais son proc\u00e9d\u00e9 descriptif a une profondeur diff\u00e9rente, que les mots n\u2019arrivent pas \u00e0 atteindre. Il ne s\u2019agit pas de la pr\u00e9cision, ou d\u2019une diff\u00e9rence de perception <i>nacheinander<\/i> contre <i>nebeneinander<\/i> ; l\u2019image et le temps qui lui est accord\u00e9 sont comprises selon un mode qui d\u00e9passe les mots, qui se d\u00e9fait de leur n\u00e9cessit\u00e9. Une force de <i>Mes Petites amoureuses<\/i> est d\u2019avoir confiance en ce type de communication, non litt\u00e9raire, mais cin\u00e9matographique, jusque dans son emploi parcimonieux des mots. Il y a une superbe sc\u00e8ne, au d\u00e9but du film, o\u00f9 Daniel quitte Pessac pour partir d\u00e9finitivement \u00e0 Narbonne. Nous sommes dans un compartiment, les voyageurs se sont install\u00e9s, et le train d\u00e9marre. Nous voyons Daniel regarder \u00e0 la fen\u00eatre ; la prise suivante, le paysage d\u00e9file \u00e0 travers la vitre. Rien de plus n\u2019est \u00e0 expliquer ; l\u00e0, les mots \u00e9chouent o\u00f9 le cin\u00e9ma r\u00e9ussit.<\/p>\n<p>Antoine Picard<\/p>\n<p>Quelques \u00e9l\u00e9ments de contexte :<br \/>\n<i>Mes Petites amoureuses<\/i> n\u2019est pas le premier film sur l\u2019adolescence ; depuis les ann\u00e9es 60, le sujet perce au cin\u00e9ma. En janvier 1974 est sorti par exemple <i>Lacombe, Lucien<\/i> &#8211; qui a quelques maigres points en communs avec le film de Jean Eustache &#8211; aussi maigres qu\u2019une bicyclette, la province, et un rapport compliqu\u00e9 avec les femmes. Peut \u00eatre d\u2019un sujet plus proche, <i>Deep end<\/i>, de Skolimowski, trait\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re diff\u00e9rente. Tous assez diff\u00e9rents de <i>Mes Petites amoureuses<\/i>, <i>Trains \u00e9troitement surveill\u00e9s<\/i>, <i>Antoine et Colette<\/i>, et sur des protagonistes s\u2019occupant moins de filles, <i>Les 400 coups<\/i> (Truffaut), <i>L\u2019Enfance nue<\/i> (Pialat), <i>Kes<\/i> (Loach), et <i>My Childhood, My Ain Folk<\/i> (Bill Douglas). Apr\u00e8s le film sortiront encore <i>L\u2019Argent de poche<\/i> (Truffaut),<i> A nos amours (Pialat)<\/i>, <i>Les Gar\u00e7ons de Fengkuei<\/i> (Hou Hsiao-Hsien) \u2014 ce dernier film \u00e9tant formellement le plus proche de celui d\u2019Eustache, et ayant aussi une part autobiographique.<br \/>\nLe ton de <i>Mes Petites amoureuses<\/i> lui est sp\u00e9cifique, et ne se retrouve vraiment que dans quelques autres films d\u2019Eustache ; <i>Le P\u00e8re no\u00ebl a les yeux bleus<\/i>, tourn\u00e9 7 ans avant, a une voix similaire. Il y a une familiarit\u00e9 avec le style bressonien. Deux ans avant, Bresson avait r\u00e9alis\u00e9 Quatre nuits d\u2019un r\u00eaveur, dans lequel le personnage principal passe une partie de ses journ\u00e9es \u00e0 regarder des femmes dans la rue. On peut songer aussi \u00e0 <i>La Chronique d\u2019Anna Magdalena Bach<\/i> de Straub et Huillet &#8211; mais la comparaison a d\u2019\u00e9videntes limites.<br \/>\nLe film qui passe au cin\u00e9ma, quand Daniel y va, est <i>Pandora and the flying Dutchman<\/i>, de Albert Llewin. Le titre du film est celui d\u2019un po\u00e8me de Rimbaud. Nous ne tenterons pas d\u2019\u00e9tablir un lien plus pr\u00e9cis entre les deux oeuvres.<br \/>\nBlancs de lunes particuli\u00e8res<br \/>\nAux pialats ronds,<br \/>\nEntrechoquez vos genouill\u00e8res,<br \/>\nMes laiderons !<\/p>\n<p>Le pr\u00e9judice de l\u2019auteur contre la dialectique ne l\u2019emp\u00eache pas de lui reconna\u00eetre ici un m\u00e9rite didactique 1 clair- et s\u2019il trouve l\u2019explication insuffisante, il craint d\u2019allonger inutilement une digression. Notons tout de m\u00eame qu\u2019aucun \u00e9v\u00e8nement surprenant dans le film n\u2019a valeur d\u2019effet vrai, de t\u00e9moin de v\u00e9rit\u00e9 (le fameux d\u00e9tail incongru qui doit attester la v\u00e9racit\u00e9, un truc narratif dont se sert Balzac en le soulignant abondamment, et Flaubert avec plus de subtilit\u00e9 et d\u2019ironie- au cin\u00e9ma, par exemple le sac plein d\u2019outils que porte sans raison Fernando Rey dans<br \/>\n<i>Cet Obscur objet du d\u00e9sir<\/i>).<\/p>\n<p>2 <i>Quelques jours de la vie d\u2019Oblomov<\/i>, <i>Mikhalkov<\/i> (1980) <i>Fanny et Alexandre<\/i>, Bergman (1982)<\/p>\n<p>3 \u201cOh ! oui, il y a un passage o\u00f9 il y a un r\u00e9giment qui traverse la ville, ah ! oui, c\u2019est bien ! \u201c est le compliment de Bergotte envers un livre ; de m\u00eame, je serai tent\u00e9 de dire : \u201cPendant un instant, une horloge chante, ah ! C\u2019est bien !\u201d Et m\u2019en tenir l\u00e0 pour ces trois films qui n\u2019ont pas besoin de ma d\u00e9fense. Cependant, les trois horloges sont diff\u00e9rentes.<br \/>\nL\u2019auteur de ces mots ne sait pas s\u2019il existe une instance de cette sc\u00e8ne avant <i>Mes Petites amoureuses<\/i>, ni si Mikhalkov s\u2019est inspir\u00e9 du film d\u2019Eustache (qui est pass\u00e9 dans un festival \u00e0 Moscou, ce qui rend la filiation plausible).<\/p>\n<p>4 La mani\u00e8re dont le film a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 peut alimenter les r\u00e9flexions &#8211; Eustache a tenu \u00e0 filmer certaines sc\u00e8nes \u00e0 des dates pr\u00e9cises, \u00e9chos des dates o\u00f9 les \u00e9v\u00e8nements originaux se sont produits. Quelques sc\u00e8nes n\u2019ont pu \u00eatre tourn\u00e9es aux m\u00eames endroits. Il faut aussi mod\u00e9rer l\u2019importance \u00e0 attacher \u00e0 ces faits, qui sont externes au film ; la beaut\u00e9, ou pour ceux plus prosa\u00efques, l\u2019int\u00e9r\u00eat de <i>Mes Petites amoureuses<\/i> doit se trouver dans le film, et non dans la vie de son r\u00e9alisateur, ou d\u2019autres circonstances hors du film. <i>Mes Petites amoureuses<\/i> serait un film du souvenir m\u00eame s\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9s.<\/p>\n<p>5 Au passage, notons que si le cin\u00e9ma est devenu un art narratif, ce n\u2019\u00e9tait ni le cas au d\u00e9but, et aurait pu \u00eatre autre chose. Songeons \u00e0 ce qu\u2019aurait pu \u00eatre un film paysage, ou un film marine (il y a d\u00e9j\u00e0 <i>Le Tempestaire<\/i> d\u2019Epstein\u2026), en vue de ce qui est un film ville (<i>A propos de Nice<\/i>, <i>L\u2019Homme \u00e0 la cam\u00e9ra<\/i>, <i>Berlin, symphonie d\u2019une grande ville<\/i>). Bien s\u00fbr, un film ne s\u2019affiche pas dans son salon\u2026<br \/>\n6 G\u00e9n\u00e9ralement employ\u00e9s par d\u00e9faut, ces proc\u00e9d\u00e9s ont parfois une valeur int\u00e9ressante- en tant que cin\u00e9ma.Dans ses premiers films, Malick arrive \u00e0 avoir un usage tr\u00e8s int\u00e9ressant de la voix off, \u00e0 faire contrepoint avec les images. Pour ce qui est des discussions dans les films, trois exemples d\u2019emploi r\u00e9ussis sont <i>Sonate d\u2019automne<\/i>, <i>Ma nuit chez Maud<\/i>, et le plus c\u00e9l\u00e8bre film d\u2019Eustache, <i>La Maman et la putain<\/i>. Je ne pense pas qu\u2019il est impossible d\u2019adapter un livre \u201cintrospectif\u201d &#8211; je suis persuad\u00e9 qu\u2019il y aurait une merveilleuse adaptation \u00e0 faire de<i> L\u2019Attrape coeur<\/i>. Pourquoi vouloir adapter est une question toutefois viable &#8211; et les qualit\u00e9s d\u2019analyses du livre me semblent un maigre encouragement. Adapter Austen &#8211; que gagne-t-on ? Et cependant, il y a Stillman.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\ufeff Dur\u00e9e :123 minutes Couleur Pays :France 35mm . VO (fr) Ann\u00e9e :1974 Avec :Martin Loeb, Jacqueline Dufranne, Jacques Romain, Ingrind Caven Synopsis : Daniel vit une enfance heureuse dans un petit village des environs de Bordeaux, avec sa grand-m\u00e8re et ses copains. 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