{"id":2071,"date":"2018-03-13T23:56:31","date_gmt":"2018-03-13T22:56:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=2071"},"modified":"2019-09-23T10:38:21","modified_gmt":"2019-09-23T09:38:21","slug":"2071","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=2071","title":{"rendered":"Barbara, de Christian Petzold (mardi 20 mars 2018, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/2ew7w1E6Lxg\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"http:\/\/www.linternaute.com\/cinema\/image_cache\/objdbfilm\/image\/540\/60444.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\">\n<p><b> Dur\u00e9e <\/b>:105<br \/>\n<b>Couleur<\/b><br \/>\n<b>Pays :<\/b>Allemagne<br \/>\n<b>35mm . VOSTFR<\/b><br \/>\n<b>Ann\u00e9e :<\/b>2012<br \/>\n<b>Avec :<\/b>Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Rainer Bock<\/p>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : Et\u00e9 1980. Barbara est chirurgien-p\u00e9diatre dans un h\u00f4pital de Berlin-Est. Soup\u00e7onn\u00e9e de vouloir passer \u00e0 l\u2019Ouest, elle est mut\u00e9e par les autorit\u00e9s dans une clinique de province, au milieu de nulle part. Tandis que son amant J\u00f6rg, qui vit \u00e0 l\u2019Ouest, pr\u00e9pare son \u00e9vasion, Barbara est troubl\u00e9e par l\u2019attention que lui porte Andr\u00e9, le m\u00e9decin-chef de l\u2019h\u00f4pital. La confiance professionnelle qu\u2019il lui accorde, ses attentions, son sourire&#8230; Est-il amoureux d\u2019elle ? Est-il charg\u00e9 de l\u2019espionner ?<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">\n<p>Et pour r\u00e9sumer :<\/p>\n<div class=\"resume-bloc\"><span class=\"resume-date\">Rendez-vous le mardi 20 mars 2018, 20h30<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-place\">en salle Dussane, au 45 rue d&rsquo;Ulm<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-see\">pour voir et revoir<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-title\">Barbara<\/span><br \/>\n<span class=\"resume-director\"> de Christian Petzold<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>Lorsque <i>Barbara<\/i> sort dans les salles en 2012, l&rsquo;ex-RDA voit depuis quelques ann\u00e9es parmi sa population l&rsquo;\u00e9mergence de l&rsquo;Ostalgie, la nostalgie de l&rsquo;Est, selon laquelle la vie \u00e9tait plus douce lorsque l&rsquo;Allemagne \u00e9tait encore s\u00e9par\u00e9e en deux \u00c9tats. L&rsquo;Ostalgie est le fruit des souvenirs de jeunesse qui sont toujours plus roses que la r\u00e9alit\u00e9, ainsi que des difficult\u00e9s \u00e9conomiques que subit l&rsquo;ancienne Allemagne de l&rsquo;Est depuis la r\u00e9unification en 1990, peu pr\u00e9par\u00e9e au passage brusque d&rsquo;une \u00e9conomie planifi\u00e9e \u00e0 une \u00e9conomie de march\u00e9 capitaliste mondialis\u00e9e. Surfant sur cette vague, le film <i>Good Bye Lenin&nbsp;!<\/i> (Wolfgang Becker, 2003) pose un regard bienveillant sur le quotidien des habitants de la RDA et occulte certains aspects n\u00e9gatifs du r\u00e9gime au pouvoir pour se focaliser sur la fiert\u00e9 que certains Est-Allemands pouvaient avoir \u00e0 l&rsquo;encontre de leur pays.<\/p>\n<p>C&rsquo;est peut-\u00eatre pour prendre le contre-pied de l&rsquo;Ostalgie que Christian Petzold a r\u00e9alis\u00e9 <i>Barbara<\/i>, film centr\u00e9 sur un personnage que le pouvoir pers\u00e9cute et tente de briser, film qui rappelle ce que la RDA \u00e9tait&nbsp;: un r\u00e9gime dictatorial fond\u00e9 sur la surveillance et la suspicion.<br \/>\nD\u00e9racin\u00e9e de sa vie berlinoise car suspect\u00e9e de vouloir fuir le pays, Barbara Wolff, interpr\u00e9t\u00e9e par la talentueuse Nina Hoss, est envoy\u00e9e en province travailler dans un petit h\u00f4pital o\u00f9 tout lui est \u00e9tranger. Le quotidien du service p\u00e9diatrique de cet h\u00f4pital est d\u00e9peint, et c&rsquo;est au travers des jeunes patients et de leur histoire que le spectateur comprend toute l&rsquo;horreur du r\u00e9gime, qui, par la r\u00e9pression de la jeunesse, violente les corps, tourmente les esprits et pousse les adolescents au suicide. Le cadre de la cam\u00e9ra est resserr\u00e9 sur le personnage de Barbara et cr\u00e9e une tension constante et un sentiment d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 permanent. Toutes les facettes du climat de terreur instaur\u00e9 par les autorit\u00e9s sont \u00e9voqu\u00e9es, depuis la surveillance polici\u00e8re aux mutations de poste, depuis les fouilles des domiciles aux maisons de redressement pour jeunes, depuis la surveillance entre voisins \u00e0 la m\u00e9fiance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 de la vie en R\u00e9publique d\u00e9mocratique allemande n&rsquo;est pas l&rsquo;objet d&rsquo;une mise en sc\u00e8ne monumentale et n&rsquo;est pas montr\u00e9e aussi frontalement que dans un film tel que La vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck, 2006). On ne voit jamais la partie immerg\u00e9e de l&rsquo;iceberg que constitue l&rsquo;appareil r\u00e9pressif de la RDA, et ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 demi-mots que l&rsquo;on est t\u00e9moins de la diff\u00e9rence de niveau de vie entre l&rsquo;Est et l&rsquo;Ouest, lorsque un homme au volant d&rsquo;une Trabant s&rsquo;\u00e9merveille devant une magnifique Mercedes \u00e0 la peinture bleue \u00e9clatante.<br \/>\nC&rsquo;est incidemment que la situation \u00e0 l&rsquo;Est est port\u00e9e \u00e0 l&rsquo;image, car elle fait partie int\u00e9grante de la vie de Barbara qui constitue le c\u0153ur du sujet du film, et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fait la force de la d\u00e9nonciation. On comprend ainsi que la violence du r\u00e9gime est permanente et s&rsquo;effectue \u00e0 tous les niveaux de la soci\u00e9t\u00e9 sans \u00e9chappatoire possible. Soit l&rsquo;on accepte cette violence et l&rsquo;on se soumet aux exigences du pouvoir, soit l&rsquo;on y r\u00e9siste et l&rsquo;on est an\u00e9anti.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la question qui est au centre du personnage de Barbara&nbsp;: doit-elle accepter les humiliations qu&rsquo;elle subit et se porter utile aupr\u00e8s des patients de l&rsquo;h\u00f4pital, ou doit-elle fuir et retrouver son amant de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du rideau de fer&nbsp;? Face \u00e0 ce dilemme elle trouve un interlocuteur en la personne du m\u00e9decin-chef Andr\u00e9 Reiser, interpr\u00e9t\u00e9 par Ronald Zehrfeld, mais cet interlocuteur est lui aussi ambigu. Il est charg\u00e9 de la surveiller et rapporte ses faits et gestes aux autorit\u00e9s, mais il manifeste une sympathie ind\u00e9niable \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Barbara. Petzold met alors en place une v\u00e9ritable partie d&rsquo;\u00e9checs entre les deux personnages. Chaque d\u00e9tail de leurs \u00e9changes ouvre un horizon qui oscille entre terrain d&rsquo;entente et terrain d&rsquo;affrontement, chaque d\u00e9tail revient \u00e0 plusieurs reprises dans le cours du film au sein d&rsquo;une narration soign\u00e9e, et c&rsquo;est sans vraiment savoir o\u00f9 se situer que les deux personnages construisent ainsi, petit \u00e0 petit, un langage commun et se rapprochent l&rsquo;un de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Loin de r\u00e9duire le choix de partir ou de rester au choix d&rsquo;un partenaire, le film met en perspective cette question parmi de nombreuses autres qui \u00e9maillent la vie d&rsquo;une femme ind\u00e9pendante et forte. Parmi celles-ci, la question fondamentale de la dignit\u00e9 et de l&rsquo;humanit\u00e9, qui se personnifie avec deux figures antinomiques qui sont au centre des sc\u00e8nes les plus marquantes du film. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 une adolescente, Stella, symbole de l&rsquo;innocence opprim\u00e9e que Barbara prend en affection et qu&rsquo;elle tentera de prot\u00e9ger face \u00e0 la Volkspolizei. De l&rsquo;autre la plus abominable des ordures, Klaus Sch\u00fctz, officier de la Staatssicherheit qui est charg\u00e9 de surveiller Barbara, et dont l&rsquo;humanit\u00e9 est mise en doute tout au long du film.<br \/>\nCependant, comme Petzold l&rsquo;exprimera \u00e0 travers le long-m\u00e9trage <i>Phoenix <\/i>qu&rsquo;il r\u00e9alisera juste apr\u00e8s <i>Barbara<\/i> et qui a pour sujet une autre question douloureuse de l&rsquo;histoire moderne de l&rsquo;Allemagne, les choses ne sont jamais totalement noires ni totalement blanches, elles sont souvent incertaines.<\/p>\n<p>Portrait magnifique d&rsquo;une Allemande de l&rsquo;Est d\u00e9chir\u00e9e entre diff\u00e9rentes aspirations contradictoires, perdue dans la spirale d&rsquo;une violence d&rsquo;\u00c9tat qui la d\u00e9passe, immerg\u00e9e dans une campagne qui enveloppe le spectateur par les images et par les sons qu&rsquo;elle offre, mais d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 vivre une vie qui serait pleinement la sienne, <i>Barbara<\/i> est un film sublime et important dans l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;un cin\u00e9aste malheureusement trop peu connu en France.<\/p>\n<p>Rapha\u00ebl<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e :105 Couleur Pays :Allemagne 35mm . 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