{"id":1877,"date":"2017-09-13T00:00:44","date_gmt":"2017-09-12T23:00:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=1877"},"modified":"2017-10-09T13:35:36","modified_gmt":"2017-10-09T12:35:36","slug":"gerry-de-gus-van-sant-mardi-19-septembre-2017-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=1877","title":{"rendered":"Gerry de Gus Van Sant (mardi 19 septembre 2017, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div id=\"blogvision\"><iframe loading=\"lazy\" style=\"width: 560px; height: 315px;\" src=\"http:\/\/www.allocine.fr\/_video\/iblogvision.aspx?cmedia=18360339\" width=\"300\" height=\"150\">    <\/iframe><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=47331.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gerry<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=18360339&amp;cfilm=47331.html\"><strong>Gerry<\/strong> Bande-annonce VO<\/a><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><a href=\"http:\/\/www.cineclub.ens.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/gerry.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1878 size-medium\" src=\"http:\/\/www.cineclub.ens.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/gerry-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><b>Dur\u00e9e <\/b>: 103 min<br \/>\n<b>Couleur<\/b><br \/>\n<b>Pays :<\/b> U.S.<br \/>\n<b>Ann\u00e9e :<\/b> 2002<br \/>\n<b><b>Avec : <\/b><\/b>Casey Affleck, Matt Damon<\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : Deux hommes, nomm\u00e9s tous deux Gerry, traversent en voiture le d\u00e9sert californien vers une destination qui n&rsquo;est connue que d&rsquo;eux seuls. Persuad\u00e9s d&rsquo;atteindre bient\u00f4t leur but, les deux amis d\u00e9cident de terminer leur p\u00e9riple \u00e0 pied.<br \/>\nMais Gerry et Gerry ne trouvent pas ce qu&rsquo;ils sont venus chercher ; ils ne sont m\u00eame plus capables de retrouver l&#8217;emplacement de leur voiture. C&rsquo;est donc sans eau et sans nourriture qu&rsquo;ils vont s&rsquo;enfoncer plus profond\u00e9ment encore dans la br\u00fblante Vall\u00e9e de la Mort. Leur amiti\u00e9 sera mise \u00e0 rude \u00e9preuve.<\/div>\n<div class=\"entry-break\"><\/div>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>On rappelle souvent que le sc\u00e9nario du film <i>Gerry <\/i>est inspir\u00e9 d\u2019un fait divers\u00a0: deux jeunes hommes partis marcher dans le d\u00e9sert et retrouv\u00e9s morts \u00e0 300 m de la voiture qu\u2019ils ont cherch\u00e9e en vain pendant plusieurs jours. Pourtant, <i>Gerry<\/i> est tout sauf une reconstitution sensationnaliste \u00e0 la <i>1<\/i><i>2<\/i><i>7 heures<\/i> et il serait hasardeux de le rapprocher des nombreux films \u00ab\u00a0inspir\u00e9s d\u2019une histoire vraie\u00a0\u00bb qui pars\u00e8ment le cin\u00e9ma am\u00e9ricain contemporain. Le fait divers qui inspire le film a en effet un caract\u00e8re d\u00e9risoire qui fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019ironie avec laquelle les personnages de <i>Gerry<\/i> per\u00e7oivent leur sort. De plus, Gus van Sant ne cherche jamais \u00e0 emporter l\u2019adh\u00e9sion du spectateur par des effets de mise en sc\u00e8ne grandiloquent. On a au contraire affaire \u00e0 un film tr\u00e8s honn\u00eate du point de vue de la repr\u00e9sentation\u00a0: la pr\u00e9sence de la cam\u00e9ra nous est sans cesse rappel\u00e9e Celle-ci a tendance \u00e0 ne pas s\u2019accorder avec les pas des personnages, voire \u00e0 s\u2019en s\u00e9parer (\u00e0 tel point que Casey Affleck semble \u00e0 un moment donn\u00e9 oblig\u00e9 de la rappeler \u00e0 l\u2019ordre pour que l\u2019histoire puisse suivre son cours). Le film insiste \u00e9galement sur la possibilit\u00e9 du trucage\u00a0: on d\u00e9couvrira par exemple au milieu d\u2019une sc\u00e8ne que Casey Affleck est debout sur un rocher, au sommet duquel on se demande bien comment il a pu monter. Gus van Sant nous rappelle ainsi que l\u2019image qu\u2019il nous montre est le r\u00e9sultat d\u2019un processus cr\u00e9atif et ne peut donc pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un t\u00e9moignage objectif de la r\u00e9alit\u00e9. Le film semble au contraire chercher \u00e0 cr\u00e9er un cadre purement fictionnel\u00a0: les rares conversations entre Matt Damon et Casey Affleck qui ne traitent pas de leur situation pr\u00e9sente ont trait \u00e0 des univers plus ou moins fictifs (jeux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 ou vid\u00e9o).<\/p>\n<p><i>Gerry<\/i> n\u2019est donc pas un film que l\u2019on peut qualifier de r\u00e9aliste. Pour autant, le film s\u2019\u00e9loigne des processus narratifs classiques: le sc\u00e9nario est r\u00e9duit au strict minimum et parsem\u00e9 de grandes apart\u00e9s pendant lesquelles Gus van Sant se contente de filmer le paysage. D\u00e8s la premi\u00e8re sc\u00e8ne, le film est empreint d\u2019un rythme tr\u00e8s lent. Celle-ci surprend \u00e0 plusieurs \u00e9gards\u00a0: en premier lieu par son caract\u00e8re \u00e9tonnamment conclusif (d\u00fb en particulier au piano m\u00e9lancolique d\u2019Arvo P\u00e4rt et \u00e0 l\u2019absence des sons di\u00e9g\u00e9tiques) et surtout par sa longueur. Ce n\u2019est pas la seule sc\u00e8ne du film qui peut sembler exag\u00e9r\u00e9ment longue et donner l\u2019impression que le film stationne. C\u2019est pourtant rarement le cas et, plus qu\u2019\u00e0 l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019intrigue, il peut \u00eatre bon de se concentrer par exemple sur les variations de la lumi\u00e8re (\u00e0 tel point que le sc\u00e9nario semble parfois n\u2019\u00eatre qu\u2019un pr\u00e9texte, un artifice pour e pas perdre le spectateur). La recherche formelle est en effet un point crucial du film, et le choix de faire se d\u00e9rouler l\u2019action dans un d\u00e9sert n\u2019est pas anodine\u00a0: ce cadre permet des constructions de plan tr\u00e8s atypique (on pense par exemple \u00e0 la sc\u00e8ne du rocher d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e ou aux nombreux plans tr\u00e8s larges dans lesquels les personnages semblent presque accessoires). De plus, ce cadre fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un des genres le plus particuli\u00e8rement du cin\u00e9ma am\u00e9ricain\u00a0: le western (comme la sc\u00e8ne d\u2019ouverture \u00e9voque le road-movie, un genre dont une des principales influences est le western). Notons en effet que si <i>Gerry<\/i> s\u2019\u00e9loigne des processus narratifs classiques, c\u2019est un film truff\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9philiques (notamment au cin\u00e9ma de Bela Tarr et, pour ce qui est du western, au film d\u2019Erich von Stroheim, <i>Les rapaces<\/i>).<\/p>\n<p>Cette confrontation au cin\u00e9ma am\u00e9ricain classique fait \u00e9cho \u00e0 la confrontation des personnages, deux citadins, \u00e0 la nature sauvage. Le th\u00e8me du retour vers une nature sauvage fantasm\u00e9e est apparu de mani\u00e8re tr\u00e8s violente dans le cin\u00e9ma am\u00e9ricain dans les ann\u00e9es 70 (on pense notamment \u00e0 <i>D\u00e9livrance <\/i>de John Boorman) et a pu \u00eatre trait\u00e9 depuis sur un mode plus apais\u00e9 (voir par exemple <i>Old Joy<\/i> de Kelly Reichardt). Toujours est-il que la rencontre entre la nature et le citadin est \u00e0 l\u2019origine d\u2019une d\u00e9ception, celui-ci se rendant compte qu\u2019il n\u2019est pas celui qu\u2019il pensait \u00eatre. Les deux personnages ne semblent en effet pas \u00eatre \u00e0 leur place, comme le r\u00e9v\u00e8le par exemple l\u2019incongruit\u00e9 du discours de Casey Affleck (\u00ab\u00a0I conquered Thebes\u00a0\u00bb) qui s\u2019oppose au calme et \u00e0 la temporalit\u00e9 du film. \u00c0 ce propos, il peut \u00eatre int\u00e9ressant de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019origine du titre du film. \u00ab\u00a0Gerry\u00a0\u00bb est un terme l\u00e9g\u00e8rement passe-partout, \u00e0 l\u2019origine utilis\u00e9 par Matt Damon et Ben Affleck dans leurs conversations priv\u00e9es, dont le sens n\u2019est pas tr\u00e8s clair mais qui semble \u00e9voquer une connerie ou quelque chose qui \u00e9choue. Ce terme est aussi utilis\u00e9 dans le film comme un verbe, on notera notamment l\u2019invective de Casey Affleck\u00a0: \u00ab\u00a0You gerried the rendez-vous\u00a0\u00bb. <i>Gerry <\/i> est donc plac\u00e9 sous le signe de la d\u00e9ception, de l\u2019\u00e9chec. D\u00e8s le d\u00e9but du film, Matt Damon et Casey Affleck abandonnent l\u2019objectif initial de leur randonn\u00e9e (alors que \u00ab\u00a0tous les chemins y m\u00e9nent\u00a0\u00bb), comme Gus van Sant abandonne les sch\u00e9mas narratifs traditionnels . La perte du chemin est ensuite v\u00e9cu plus sur le mode de l\u2019incomp\u00e9tence que sur celui de l\u2019aventure. Mais Gus van Sant ne reproche jamais leur incomp\u00e9tence \u00e0 ses personnages, au contraire celle-ci est trait\u00e9 avec humour (il est difficile de ne pas voir un clin d\u2019oeil ironique dans l\u2019\u00e9toile sur le t-shirt de Casey Affleck) .<\/p>\n<p>Au final, <i>Gerry<\/i> est un film subtil qui refuse \u00e0 la fois un point de vue r\u00e9aliste et les sch\u00e9mas narratifs traditionnels de la fiction, tout en gardant une intrigue minimale afin de ne pas perdre le spectateur. C\u2019est un film qui soul\u00e8ve des questions tr\u00e8s th\u00e9oriques tout en poussant tr\u00e8s loin la recherche formelle.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gerry Gerry Bande-annonce VO Dur\u00e9e : 103 min Couleur Pays : U.S. Ann\u00e9e : 2002 Avec : Casey Affleck, Matt Damon Synopsis : Deux hommes, nomm\u00e9s tous deux Gerry, traversent en voiture le d\u00e9sert californien vers une destination qui n&rsquo;est connue que d&rsquo;eux seuls. 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