{"id":1869,"date":"2017-08-21T13:45:02","date_gmt":"2017-08-21T12:45:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=1869"},"modified":"2017-10-09T13:32:22","modified_gmt":"2017-10-09T12:32:22","slug":"jai-toujours-reve-detre-un-gangster-de-samuel-benchetrit-mardi-12-septembre-2017-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=1869","title":{"rendered":"J&rsquo;ai toujours r\u00eav\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un gangster, de Samuel Benchetrit (mardi 12 septembre 2017, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/8aFXSWcH7lk\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p><!-- Commentaire pertinent quelconque vis-\u00e0-vis du film --><\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><a href=\"http:\/\/www.cineclub.ens.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/toujoursReveGangster.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1873 size-medium\" src=\"http:\/\/www.cineclub.ens.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/toujoursReveGangster-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/a><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><b>Dur\u00e9e <\/b>: 1 h 48<br \/>\n<b>Noir et blanc<\/b>.<br \/>\n<b>Pays :<\/b> France<br \/>\n<b>Ann\u00e9e :<\/b> 2007<br \/>\n<b><b>Avec : <\/b><\/b>Anna Mouglalis, \u00c9douard Baer, Jean Rochefort, Laurent Terzieff, Jean-Pierre Kalfon, Venantino Venantini, Roger Dumas, Alain Bashung, Arno, Bouli Lanners, Serge Larivi\u00e8re, Selma El Mouissi, G\u00e9rald Laroche, Gabor Rassov<\/div>\n<div class=\"entry-text-info\"><strong>Synopsis<\/strong> : Quatre histoires se d\u00e9roulent dans ou autour d&rsquo;une caf\u00e9t\u00e9ria, au bord d&rsquo;une nationale.<br \/>\nOn fait connaissance, tour \u00e0 tour\u00a0: d&rsquo;un braqueur sans arme dont la victime est elle-m\u00eame une braqueuse, arm\u00e9e\u00a0; de deux ravisseurs tr\u00e8s amateurs qui enl\u00e8vent une adolescente suicidaire\u00a0; de deux chanteurs qui parlent d&rsquo;un tube vol\u00e9\u00a0; de cinq septuag\u00e9naires qui se retrouvent autour de leur \u00ab\u00a0planque\u00a0\u00bb d&rsquo;antan. Trois des histoires, qui semblent distinctes au d\u00e9but, se r\u00e9v\u00e8leront au cours du film avoir quelques r\u00e9sonances, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tonnant \u00e9pilogue.<\/div>\n<div class=\"entry-break\"><\/div>\n<\/div>\n<p>Comme d&rsquo;habitude, l&rsquo;entr\u00e9e co\u00fbte 4 euros, 3 pour les membres du COF et vous avez la possibilit\u00e9 d&rsquo;acheter des cartes de 10 places pour respectivement 30 et 20 euros. L&rsquo;entr\u00e9e est gratuite pour les \u00e9tudiant.e.s invit\u00e9.e.s.<\/p>\n<div class=\"entry-resume\">\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Shit happens\u00a0\u00bb. Ces deux mots, en arri\u00e8re-plan dans la chambre de l&rsquo;adolescente suicidaire au centre de la deuxi\u00e8me partie de la trame narrative, pourraient \u00eatre le sous-titre du film, tant la malchance et la maladresse semblent pr\u00e9sider \u00e0 la destin\u00e9e des divers personnages mis en sc\u00e8ne. J&rsquo;ai toujours r\u00eav\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un gangster est pourtant un v\u00e9ritable film de gangsters \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine, et les revolvers, enl\u00e8vements avec ran\u00e7on, braquages, bandits, larcins, grosses (ou moins grosses) voitures sont au c\u0153ur de l&rsquo;intrigue.  Le titre du film est d&rsquo;ailleurs une r\u00e9f\u00e9rence directe aux Affranchis de Martin Scorcese et le situe dans une lign\u00e9e des films traitant de la mafia et de la p\u00e8gre, avec toutes les images et les atmosph\u00e8res que cela \u00e9voque. Mais Samuel Benchetrit nous propose ici bien plus que cela, m\u00ealant les codes de plusieurs genres cin\u00e9matographiques, brouillant les pistes entre trag\u00e9die et com\u00e9die, avec des dialogues \u00e0 la fois acerbes et touchants, pour aboutir \u00e0 un film inclassable et inoubliable.<br \/>\n<strong><br \/>\nUn western comique \u00e0 la fran\u00e7aise<\/strong><\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue formel, le film fait appel \u00e0 toute l&rsquo;histoire du cin\u00e9ma, emprunte la grammaire de diff\u00e9rentes \u00e9poques et diff\u00e9rents genres, les d\u00e9cline et les m\u00e9lange en un hommage parodique aux chefs d&rsquo;\u0153uvre du septi\u00e8me art qui hantent notre m\u00e9moire collective.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re r\u00e9f\u00e9rence, \u00e9vidente est celle du western \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine\u00a0: on peut ainsi retrouver les longs plans de paysages d\u00e9sertiques et immobiles qui permettent \u00e0 la tension dramatique de se construire, des sc\u00e8nes de bar o\u00f9 les protagonistes sont accoud\u00e9s au comptoir, d\u00e9s\u0153uvr\u00e9s et en attente du d\u00e9part du prochain train (en l&rsquo;occurrence un minibus), ou encore un duel (presque) au pistolet entre deux chanteurs. L&rsquo;utilisation de la musique est similaire \u00e0 celle d&rsquo;un western, avec des m\u00e9lodies rythm\u00e9es qui projettent le spectateur dans l&rsquo;univers mental du h\u00e9ros triomphant, et les longs silences des parkings d\u00e9sert\u00e9s.<\/p>\n<p>Cependant, la symbolique du western, et particuli\u00e8rement celle du western spaghetti, est syst\u00e9matiquement d\u00e9construite par la pr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments dissonants, \u00e0 commencer par le format atypique du film\u00a0: en choisissant le format 1.33, Benchetrit enserre son sujet dans un cadre qui traduit le foss\u00e9 existant entre la haute destin\u00e9e d&rsquo;un cow-boy de Sergio Leone et le futur incertain des personnages ici \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, ce qui est renforc\u00e9 par le recours au noir et blanc et le refus de la couleur. De m\u00eame la musique, qui au premier abord semble refl\u00e9ter l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit du gangster en pleine action, se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre la sono d&rsquo;ambiance de la caf\u00e9t\u00e9ria qu&rsquo;il  tente de braquer, ce qui pr\u00e9figure sa prochaine d\u00e9confiture face \u00e0 une serveuse impassible.<\/p>\n<p>Des clins d&rsquo;\u0153il sont lanc\u00e9s de fa\u00e7on explicite au cin\u00e9ma muet, notamment en ce qui concerne les flash-back. Charlie Chaplin et Buster Keaton sont particuli\u00e8rement distingu\u00e9s. Les cartons explicatifs, les mouvements exag\u00e9r\u00e9s des acteurs, le rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des images, les situations comiques, tout y est, et cette fois-ci le format et l&rsquo;absence de couleurs se conjuguent \u00e0 merveille avec cette \u00e9vocation des premiers pas du cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Le cin\u00e9ma francophone a lui aussi voix au chapitre, notamment par le choix des acteurs\u00a0: le couple de kidnappeurs rend justice au cin\u00e9ma belge tandis que la bande des vieux braqueurs de banque rappelle les plus belles heures du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, le tout m\u00e2tin\u00e9 de dialogues \u00e0 la Audiard qui ravira les amateurs (et consternera sans doute les puristes).<\/p>\n<p><strong>Fragments de vies<\/strong><\/p>\n<p>La structure du film, quatre histoires ind\u00e9pendantes suivies d&rsquo;un \u00e9pilogue rappelant la premi\u00e8re histoire, s&rsquo;articule autour d&rsquo;un lieu unique, une caf\u00e9t\u00e9ria au bord d&rsquo;une route d&rsquo;une zone p\u00e9riurbaine moyenne, et d&rsquo;une journ\u00e9e unique, de sorte que les quatre histoires se recoupent partiellement, sans toutefois s&rsquo;influencer compl\u00e8tement. Cette unit\u00e9 de temps et de lieu, priv\u00e9e d&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action permet de sonder diff\u00e9rents aspects d&rsquo;un m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne, d&rsquo;observer plusieurs de ses manifestations, ainsi que ses contradictions et ses limites.<br \/>\nCe ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0? Il se trouve sans doute au croisement entre la constatation de l&rsquo;absurdit\u00e9 de la vie et de ses conventions et la sublimation de l&rsquo;\u00e9chec par le caract\u00e8re h\u00e9ro\u00efque et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 des tentatives de survie des diff\u00e9rents personnages.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que, pouss\u00e9s par la mis\u00e8re, la vieillesse ou la jalousie, mais aussi une capacit\u00e9 de r\u00e9volte face \u00e0 leur condition, les protagonistes des quatre chapitres du film sont amen\u00e9s \u00e0 se transfigurer en gangsters hollywoodiens et pr\u00eats \u00e0 enfreindre la loi et les lois morales. Ce mouvement de d\u00e9passement s&rsquo;accompagne d&rsquo;une part du retour cruel de la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle qui r\u00e9siste \u00e0 leurs efforts. C&rsquo;est ainsi que lampadaires, cl\u00e9s de voiture, corn-flakes, z\u00e8bres en peluche et restaurants McDonald&rsquo;s constituent la principale force antagoniste du film, pour le plus grand bonheur des zygomatiques du spectateur. D&rsquo;autre part, et c&rsquo;est peut-\u00eatre le plus fondamental, ce mouvement de r\u00e9volte se heurte \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 humaine, ce formidable miroir que l&rsquo;on contemple en croisant le regard d&rsquo;un \u00eatre humain.<br \/>\nLa violence inh\u00e9rente aux braquages, enl\u00e8vements et autres actions r\u00e9pr\u00e9hensibles est \u00e0 chaque fois \u00e9clips\u00e9e par un dialogue entre les malfaiteurs en herbe et leur victime, dialogue \u00e0 la fois franc et de nature \u00e0 gommer toute relation de domination des uns envers les autres, en somme une simple discussion entre humains. Seule reste l&rsquo;expression des peurs, des angoisses, des espoirs, des envies. Toute l&#8217;empathie que l&rsquo;on \u00e9prouve pour un semblable d\u00e9fait alors les r\u00eaves initiaux de gangsters que l&rsquo;on pouvait nourrir.<\/p>\n<p>Une seule des histoires semble contredire cette r\u00e8gle\u00a0: la rencontre entre Alain Bashung et Arno, interpr\u00eat\u00e9s par eux-m\u00eame. Ce chapitre, central dans le film, se d\u00e9marque des autre par le fait que la rencontre et la discussion pr\u00e9c\u00e8de le forfait, d\u00e9nu\u00e9 par ailleurs de toute violence, et les sentiments de jalousie et d&rsquo;impuissance sont ici les produits de la conversation au lieu d&rsquo;\u00eatre att\u00e9nu\u00e9s par elle.<br \/>\nDoit-on en conclure que le milieu du show-business corrompt irr\u00e9m\u00e9diablement les individus\u00a0? Peut-on en d\u00e9duire que la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 rend aveugle et insensible\u00a0? Arno aurait-il remarqu\u00e9 le chagrin d&rsquo;amour de Bashung s&rsquo;il n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 occup\u00e9 \u00e0 \u00e9crire pour son prochain titre \u00e0 succ\u00e8s\u00a0? Bashung aurait-il pu \u00e9viter un plagiat s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 moins \u00e9t\u00e9 obnubil\u00e9 par sa carri\u00e8re\u00a0?<\/p>\n<p>Toujours est-il que les v\u00e9ritables gangsters de ce film s&rsquo;av\u00e8rent \u00eatre les personnages qui de premier abord semblent les plus pacifiques et les plus irr\u00e9prochables. Qui, par exemple, pourrait soup\u00e7onner la serveuse de la caf\u00e9t\u00e9ria, honn\u00eate et assidue, d&rsquo;\u00eatre coupable des plus grandes tromperies et d&rsquo;accomplir les braquages les plus r\u00e9ussis\u00a0?<\/p>\n<p>Rapha\u00ebl\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e : 1 h 48 Noir et blanc. Pays : France Ann\u00e9e : 2007 Avec : Anna Mouglalis, \u00c9douard Baer, Jean Rochefort, Laurent Terzieff, Jean-Pierre Kalfon, Venantino Venantini, Roger Dumas, Alain Bashung, Arno, Bouli Lanners, Serge Larivi\u00e8re, Selma El Mouissi, G\u00e9rald Laroche, Gabor Rassov Synopsis : Quatre histoires se d\u00e9roulent dans ou autour d&rsquo;une caf\u00e9t\u00e9ria, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-1869","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1869","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1869"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1869\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1952,"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1869\/revisions\/1952"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1869"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1869"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1869"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}