{"id":1647,"date":"2016-10-19T18:11:53","date_gmt":"2016-10-19T17:11:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cineclub.ens.fr\/?p=1647"},"modified":"2016-10-26T16:35:34","modified_gmt":"2016-10-26T15:35:34","slug":"la-balade-sauvage-de-terrence-malick-mardi-25-octobre-2016-20h30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cineclub.ens.fr\/?p=1647","title":{"rendered":"La balade sauvage de Terrence Malick (mardi 25 octobre 2016, 20h30)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-trailer\"><iframe src='http:\/\/www.allocine.fr\/_video\/iblogvision.aspx?cmedia=19453940' style='width:480px; height:270px'> <\/iframe><\/div>\n<\/p>\n<div class=\"entry-mainblock\">\n<div class=\"entry-separator\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cof.ens.fr\/cineclub\/blogImages\/2016-2017\/affiche-7-thumbnail400.jpg\" alt=\"\" class=\"entry-poster\"\/><\/div>\n<div class=\"entry-text-info\">\n<b>Dur\u00e9e <\/b>: 95 minutes.<br \/>\n<b>Couleur<\/b>.<br \/>\n<b>Pays :<\/b> Etats-Unis.<br \/>\n<b>Ann\u00e9e :<\/b> 1973.<br \/>\n<b>Avec :<\/b> Martin Sheen, Sissy Spacek, Warren Oates.<br \/>\n<b>Copie 35 mm<\/b><\/p>\n<p>Rapide synopsis : <span class=\"entry-synopsis\">Inspir\u00e9e par l&rsquo;histoire authentique de Charlie Stark-Weather, jeune d\u00e9linquant des ann\u00e9es cinquante, \u00e9vocation de la folle \u00e9quip\u00e9e de deux jeunes amants auxquels on refuse le droit de s&rsquo;aimer. Ils laissent sur leur passage de nombreux cadavres dont le p\u00e8re de la jeune fille, qui refusait que celle-ci fr\u00e9quente un \u00e9boueur.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"entry-break\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-analyse\">\n<h2>Proposition d&rsquo;analyse<\/h2>\n<p>Au milieu du Sud Dakota des ann\u00e9es 50, Kit Carruthers (Martin Sheen) rencontre Holly Sargis (Sissy Spacek). Lui \u00e0 25 ans, et se coiffe comme James Dean. Elle en a 15, et joue \u00e0 la majorette. Leur idylle, vue d\u2019un mauvais \u0153il par le p\u00e8re d\u2019Holly, se transforme en une longue fuite \u00e0 travers les Etats Unis, les menant des all\u00e9es et ruelles de la paisible Fort Dupree jusqu\u2019aux Badlands du Montana.<\/p>\n<p>Le premier film de Malick reprend un th\u00e8me en vogue au d\u00e9but des ann\u00e9es 70\u00a0; l\u2019intrigue se rapproche du pionnier <em>Gun Crazy<\/em> (Joseph Lewis, 1950) tout comme de <em>Bonnie &#038; Clyde<\/em>, sorti quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, dont le r\u00e9alisateur, Arthur Penn, \u00e9tait le mentor de Malick \u00e0 l\u2019AFI. Si l\u2019histoire d\u2019amants en fuite, vaguement inspir\u00e9 par un fait divers, n\u2019est pas en elle-m\u00eame sans pr\u00e9c\u00e9dent, la narration innove\u00a0; l\u2019emploi en contre-point de la voix off (qui sera au c\u0153ur du film suivant de Malick, Les Moissons du ciel, et que l\u2019on retrouvera aussi dans La Le\u00e7on de piano de Campion), la temporalit\u00e9 tant\u00f4t lin\u00e9aire, tant\u00f4t fuyante qui rythme le film, les paysages d\u00e9taill\u00e9s o\u00f9 s\u2019ins\u00e8rent pour quelques instants les protagonistes; la trame s\u2019\u00e9coule distante, tandis qu\u2019entre deux nuages, s\u2019ach\u00e8ve l\u2019histoire. La distance onirique sur laquelle joue la narration transforme l\u2019anecdotique en po\u00e9sie, s\u2019ajoutant au soin attach\u00e9 aux images, aux descriptions minutieuses de la nature et des lieux o\u00f9 se d\u00e9roule- parfois- l\u2019intrigue.<\/p>\n<p><em>La Balade sauvage<\/em> tient une place \u00e0 part dans la filmographie- assez maigre- de Malick\u00a0; en tant que premier film tout d\u2019abord, et coup d\u2019\u00e9clat\u00a0&#8211; le style, les proc\u00e9d\u00e9s narratifs que l\u2019on retrouvera dans les films suivant \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 assez solidement \u00e9tablis, et le film ne souffre d\u2019aucun d\u00e9faut technique, malgr\u00e9 les conditions difficiles de tournage (trois directeurs de la photographie qui se succ\u00e8dent, une \u00e9quipe technique r\u00e9fractaire aux m\u00e9thodes de tournage atypique impos\u00e9es par le r\u00e9alisateur, plus int\u00e9ress\u00e9 par les exigences esth\u00e9tiques que celles plus prosa\u00efques). Le film marque aussi le d\u00e9but de la collaboration de Malick avec son directeur artistique Jack Fisk et son monteur Billy Weber, qui travaill\u00e8rent par la suite sur l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ses longs-m\u00e9trages, et le lancement des carri\u00e8res de Martin Sheen et Sissy Spacek, dont les jeux d\u2019acteur surent s\u2019adapter aux exigences peu conventionnelles de leur r\u00f4le\u00a0; d\u00e9tachement et d\u00e9calage rendus naturels.<\/p>\n<p>Mais <em>La Balade sauvage<\/em> est aussi un de ses deux films \u00e0 trame, avec Les Moissons du ciel. L\u2019intrigue offre une structure et une coh\u00e9rence aux sc\u00e8nes \u00e9th\u00e9r\u00e9es, aux divagations des pens\u00e9es des protagonistes- structure qui sera petit \u00e0 petit d\u00e9laiss\u00e9e dans les films suivants, jusqu\u2019\u00e0 \u00e0 peu pr\u00e8s dispara\u00eetre dans <em>The Tree of Life<\/em>. Plus accessible, le film n\u2019en est pas pour autant moins abouti. Des moyens moindres donnent au film un souffle de libert\u00e9, qui le rapproche dans une moindre mesure du renouveau du cin\u00e9ma am\u00e9ricain des ann\u00e9es 70. Le m\u00e9lange des genres offre finalement au cin\u00e9phile friand de l\u2019\u00e2ge d\u2019or d\u2019Hollywood le plaisir de d\u00e9cortiquer les diff\u00e9rentes influences dans un film au caract\u00e8re pourtant si novateur\u00a0; le film noir, le western, et le m\u00e9lodrame surgissent parfois au milieu d\u2019une narration moins codifi\u00e9e, de sc\u00e8nes moins \u00e9crites.<\/p>\n<p>Si <em>La Balade Sauvage<\/em> fut un film sans r\u00e9el pr\u00e9c\u00e9dent, son influence se retrouve dans une lign\u00e9e de films d\u2019in\u00e9gale valeur. L\u2019emploi de la voix off, qui jusqu\u2019alors n\u2019avait \u00e9t\u00e9 limit\u00e9 qu\u2019\u00e0 la simple introduction de nouveaux \u00e9l\u00e9ments narratifs, \u00e0 la clarification ou l\u2019exposition, parfois \u00e0 la transcription directe des pens\u00e9es des protagonistes, prit une nouvelle ampleur\u00a0; de mani\u00e8re plus anecdotique, le th\u00e8me musical du film- le Gassenhauer de Carl Orff, fut repris par diff\u00e9rents films dans des situations analogues\u00a0; et d\u2019autres (Blue Velvet, Moonrise Kingdom) contiennent des sc\u00e8nes qui semblent des variations sur divers \u00e9l\u00e9ments du film. Pourtant, la tonalit\u00e9 du film, son souci de communiquer une vision r\u00eaveuse, aux accents m\u00e9taphysiques, le choix de paysage et luminosit\u00e9 idyllique, font de La Balade Sauvage bien plus un pr\u00e9curseur des autres films de Malick que d\u2019aucun autre film, si particulier que puisse \u00eatre celui-ci dans sa filmographie. <\/p>\n<p>Antoine<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dur\u00e9e : 95 minutes. Couleur. Pays : Etats-Unis. Ann\u00e9e : 1973. Avec : Martin Sheen, Sissy Spacek, Warren Oates. Copie 35 mm Rapide synopsis : Inspir\u00e9e par l&rsquo;histoire authentique de Charlie Stark-Weather, jeune d\u00e9linquant des ann\u00e9es cinquante, \u00e9vocation de la folle \u00e9quip\u00e9e de deux jeunes amants auxquels on refuse le droit de s&rsquo;aimer. 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